►►COP 30 toujours des promesses pourtant le monde continu de brûler Après deux semaines de négociations à Belém dans le nord du Brésil, la montagne a une fois de plus accouché d’une souris. Le climat de la 30ème conférence des Nations Unies est ambivalent sur des questions majeures qui ont meublé les débats à l’instar sortie des énergies fossiles, engagements financiers vers les pays du Sud, accélération de l’action…
Afrique54.net »Du 10 au 22 novembre 2025, les représentants de 194 pays sont réunis à Belém en plein cœur de l’Amazonie pour faire avancer la lutte contre le changement climatique qui réchauffe notre planète et menace déjà la vie de millions de personnes. Elle a abouti à plusieurs décisions majeures pour financer l’action climatique et accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Malheureusement, les mêmes dynamiques bloquantes ont dicté les négociations, sans flexibilité ni volonté politique nécessaire pour faire bouger les lignes, empêchant l’émergence de compromis solides. Les négociations ont une nouvelle fois buté sur la défense des intérêts économiques nationaux, au détriment de l’intérêt collectif de préservation de la planète. À cet égard, l’Union européenne s’est particulièrement illustrée : derrière un discours volontariste, elle a surtout défendu ses propres priorités économiques.
La finance climatique : aucun engagement, mais des décisions cosmétiques
Le « paquet finance » adopté reste très en-deçà des attentes. Les pays développés ont cherché à affaiblir leurs responsabilités historiques et à transférer la charge financière vers les pays du Sud. De même, l’objectif de tripler la finance d’adaptation demeure flou (aucune base de référence, aucun montant précis), et son horizon est repoussé à 2035. La crise de la dette n’a pas été traitée, malgré les demandes répétées des pays vulnérables.
A la fin des négociations, quelques décisions ont été rendues publiques sans véritable feuille de route et sans qu’aucun engagement concret n’ait été pris. Parmi ces décisions nous avons entre autres, le Financement à grande échelle avec pour objectif la mobilisation de 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035, sous la conduite des pays développés ; le Renforcement de l’adaptation visant à doubler les financements d’ici 2025 et tripler d’ici 2035.
De même, une Nouvelle initiative a été lancée considérée comme l’accélérateur mondial de la mise en œuvre et de la Mission de Belém vers 1,5 °C, pour renforcer ambition et action, la Lutte contre la désinformation avec l’engagement à promouvoir l’intégrité de l’information et à contrer les propos mensongers.
La COP met l’accent sur la solidarité et le financement, mais les discussions sur la transition énergétique ont été mises de côté. Cette omission inquiète plusieurs pays d’Amérique du Sud, les pays africains, l’Union européenne et de nombreux groupes de la société civile, les combustibles fossiles restant le principal moteur des émissions de gaz à effet de serre.
Au lieu d’engagements concrets, la COP a essentiellement lancé un programme de travail procédural, sans obligations claires.
Fonds pour pertes et dommages une coquille vide ?
La mise en œuvre opérationnelle du Fonds pour pertes et dommages qui a été confirmée et les cycles de reconstitution validés. En effet, ce fonds était une demande des petits Etats insulaires lors de négociation de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) en 1992. C’est 30 ans après, en 2022, lors de la COP 27 à Charm el-Cheikh en Egypte que ce fonds a été créé malgré l’opposition des pays du Nord à la mise sur d’un nouveau mécanisme financier pour répondre à ces pertes. Sont considérées comme pertes, les disparitions des territoires face à la montée du niveau des mers et les dommages, sont de dégâts sur des infrastructures (écoles, routes…) suite à des catastrophes naturelles. Considéré comme un enjeu de justice climatique, il est créé à la COP 28 à Dubaï. En réalité, ce fonds reste une coquille vide. Il devrait être doté de près 400 milliards de dollars US par an pourtant, il est actuellement à peine à 400 millions.
© Afrique54.net │Éric Ngono




