►►Dans un contexte de durcissement de la politique migratoire des Etats-Unis, l’accès à un visa américain devient de plus en plus difficile pour de nombreux ressortissants africains. Réduction du réseau consulaire, interdictions d’entrée, exigences financières plus lourdes et restrictions sanitaires compliquent leurs déplacements vers les Etats-Unis.
BRAZZAVILLE- Dans un contexte de durcissement de la politique migratoire des Etats-Unis, l’accès à un visa américain devient de plus en plus difficile pour de nombreux ressortissants africains. Réduction du réseau consulaire, interdictions d’entrée, exigences financières plus lourdes et restrictions sanitaires compliquent leurs déplacements vers les Etats-Unis.
Selon un mémorandum interne du département d’Etat américain, une directive approuvée par le secrétaire d’Etat Marco Rubio prévoit de réduire, à partir de ce mois de juin, le nombre d’ambassades et de consulats américains habilités à traiter les demandes de visa en Afrique. Sur près de cinquante postes consulaires actuellement concernés, seuls vingt centres régionaux devraient conserver cette fonction.
Pour les ressortissants des pays qui ne disposeront plus de ces services, la procédure pourrait désormais nécessiter un déplacement vers une autre capitale africaine, avec des frais supplémentaires de transport, d’hébergement et de séjour. Le département d’Etat américain présente cette réorganisation comme une mesure destinée à mieux répartir les ressources consulaires, tout en maintenant des contrôles sécuritaires stricts.
Cette mesure s’ajoute à d’autres restrictions déjà mises en place par Washington. Depuis 2025, plusieurs pays africains sont concernés par des interdictions totales ou partielles d’entrée sur le territoire américain, tandis que certaines catégories de visas de tourisme, d’études ou d’échange sont également affectées. A cela s’ajoute, pour certains demandeurs, l’obligation de déposer une caution remboursable pouvant atteindre 15.000 dollars, officiellement destinée à lutter contre les dépassements de durée de séjour.
En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire et le Sénégal sont également concernés par des restrictions partielles. Les joueurs et les délégations devraient bénéficier de mesures d’exemption liées à la compétition, mais la situation reste plus incertaine pour les supporters appelés à demander des visas touristiques.
A Abidjan comme à Dakar, des supporters ont exprimé leur déception et leur inquiétude face à ces restrictions. Le président du comité officiel des supporters ivoiriens, Julien Adonis Kouadio, a estimé que les Etats-Unis ne devraient pas imposer autant de contraintes susceptibles d’empêcher les supporters de vivre pleinement la fête du football.
Au-delà des délégations sportives, ces restrictions pourraient compliquer les déplacements de nombreux autres voyageurs africains, notamment les étudiants et les hommes d’affaires souhaitant se rendre aux Etats-Unis. La réduction des lieux de traitement des dossiers, les coûts indirects plus élevés et l’incertitude autour des décisions consulaires risquent de peser sur les échanges humains entre l’Afrique et les Etats-Unis.
A quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, la question des visas s’impose ainsi comme un enjeu concret pour les sélections africaines, leurs encadrements, les médias et les supporters. La manière dont les autorités américaines traiteront ces demandes sera observée de près sur le continent, d’autant que ces nouvelles restrictions pourraient limiter la présence africaine dans les stades et alourdir les conditions de mobilité entre l’Afrique et les Etats-Unis.
By Xinhua



