►►Le bilan de l’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé la barre des 2.000 morts.
KINSHASA- Le bilan de l’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) a dépassé la barre des 2.000 morts, alors que de nouvelles analyses génétiques suggèrent que le virus pourrait avoir commencé à circuler dès février, plusieurs mois avant la déclaration officielle de l’épidémie en mai.
Selon les chiffres publiés mardi par les autorités sanitaires congolaises, le pays a enregistré 4.381 cas confirmés, dont 2.011 décès, soit un taux de létalité global de 45,9%. Au total, 704 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 869 personnes ont été déclarées guéries.
Des cas ont été signalés dans cinq provinces de l’est du pays, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo, l’Ituri demeurant l’épicentre de l’épidémie.
« Aujourd’hui, l’épidémie d’Ebola a dépassé les 2.000 décès, dont la moitié au cours des 20 derniers jours. Deux mille enfants, mères et pères », a déclaré mardi sur les réseaux sociaux Julien Harneis, coordinateur principal des Nations Unies pour la riposte à Ebola.
« Tous ceux qui participent à la riposte – travailleurs humanitaires, organisations, gouvernements, donateurs et communautés – doivent faire davantage, et le faire dès aujourd’hui, afin de sauver des vies et de mettre fin à Ebola », a-t-il ajouté.
UNE CIRCULATION PROBABLEMENT ANTERIEURE A LA DETECTION
Lors d’une conférence de presse lundi à Bunia, chef-lieu de l’Ituri et épicentre de l’épidémie, le directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, Mohamed Yakub Janabi, a indiqué que les études de séquençage génétique suggéraient que le virus avait probablement commencé à circuler dès le mois de février.
La RDC avait officiellement déclaré le 15 mai une épidémie de maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo.
« Nous poursuivons le virus. Le virus est devant nous », a dit le Dr Janabi, soulignant que la transmission avait pu rester non détectée pendant plusieurs mois avant l’identification de l’épidémie.
Selon lui, certaines infections survenues au début de l’épidémie pourraient avoir été initialement attribuées à d’autres maladies, notamment le paludisme et la fièvre typhoïde, retardant ainsi la détection de la circulation du virus.
Le Dr Janabi a également indiqué que le virus se propageait plus rapidement que ce qui avait été initialement anticipé et que l’épidémie actuelle présentait des différences par rapport aux précédentes flambées causées par le variant Bundibugyo, notamment celles enregistrées en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012.
UNE MAJORITE DE DECES ENCORE ENREGISTRES HORS DES CENTRES DE TRAITEMENT
Malgré le renforcement de la riposte, les équipes sanitaires ne parviennent toujours à détecter suffisamment tôt qu’une partie des infections, selon l’OMS.
Le Dr Janabi a indiqué qu’environ 60% à 70% des décès étaient encore enregistrés en dehors des centres de traitement, une situation qui complique la détection précoce des cas et augmente le risque de transmission au sein des communautés.
Il a estimé qu’un renforcement de la participation communautaire, une détection plus précoce des malades, ainsi qu’une plus grande décentralisation de leur prise en charge seraient essentiels pour infléchir la trajectoire de l’épidémie au cours des huit à douze prochaines semaines.
LA PISTE D’UNE PROTECTION CROISEE DU VACCIN ERVEBO
Alors qu’aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible spécifiquement contre la souche Bundibugyo, l’OMS étudie également la possibilité d’utiliser des vaccins développés contre d’autres variants du virus Ebola.
Le 7 août, un groupe consultatif technique de l’OMS a recommandé que le vaccin Ervebo soit utilisé en priorité dans le cadre d’un essai clinique randomisé mené pendant l’épidémie actuelle.
Marie Roseline Belizaire, experte de l’OMS, a indiqué que certaines données scientifiques suggéraient la possibilité d’une protection croisée et que des discussions étaient en cours sur des études cliniques visant à déterminer si Ervebo pouvait également offrir une protection contre la souche Bundibugyo chez l’être humain.
La représentante de l’OMS en RDC, Anne Ancia, a rappelé qu’une importante partie de la population du Nord-Kivu, notamment des personnels de santé, avait été vaccinée avec Ervebo pendant l’épidémie d’Ebola de 2018 à 2020.
Selon elle, les informations disponibles montrent que des agents de santé précédemment vaccinés avec Ervebo et infectés par la souche Bundibugyo durant l’épidémie actuelle ont survécu et semblent avoir développé des formes moins sévères de la maladie.
Ces observations pourraient suggérer un effet de protection croisée, mais celui-ci doit encore être confirmé par des études supplémentaires, a-t-elle souligné.
L’épidémie actuelle est la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC. Elle est désormais la plus importante jamais recensée dans le pays et la deuxième plus importante épidémie d’Ebola à l’échelle mondiale, derrière celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
By Xinhua

