►►A la tombée de la nuit, sur la piste de l’aéroport international Melchior Ndadaye, à Bujumbura, capitale économique du Burundi, des engins de chantier tels que des finisseurs, des raboteuses et des rouleaux compresseurs sont alignés en rangs ordonnés et vrombissent à plein régime. Des ouvriers chinois et burundais travaillent d’arrache-pied à la pose de la couche de roulement en béton bitumineux.
BUJUMBURA-Il s’agit du projet de réhabilitation, d’extension et de modernisation de l’Aéroport International Melchior Ndadaye au Burundi. Ce projet, réalisé par Shanghai Baoye Group Co., Ltd., constitue un jalon concret de la coopération sino-burundaise et contribue au développement socio-économique ainsi qu’à la connectivité internationale du Burundi.
« Le Burundi est un pays enclavé, et l’aéroport Ndadaye est la seule porte aérienne reliant le pays au monde, » a expliqué Yu Baoliang, chef du groupe de gestion du projet. Avant le début des travaux, cet aéroport, aux installations vétustes et à la piste dégradée, entravait le développement du transport aérien local et peinait à répondre aux besoins du développement économique et social du pays, a-t-il ajouté.
C’est précisément pour cette raison que la rénovation et l’extension de l’aéroport s’imposent. Officiellement débuté en 2024, le projet vise à rénover la piste, la bretelle et les aires de stationnement existantes de l’aire de trafic de l’aéroport et à construire l’aire de virage, l’aire de trafic anti-soufflage et l’accotement. Par ailleurs, une tour de contrôle et un bâtiment administratif de gestion du trafic aérien seront érigés.
Durant la construction, l’équipe du projet a surmonté de multiples défis, tels que la pénurie de matériaux, l’instabilité de l’alimentation électrique, la fréquence des cas de paludisme et les vols imprévus.
« Parmi ces défis, l’un des plus majeurs est celui des travaux sans interruption du trafic aérien, » a déclaré Liu Wei, chef de mission technique du projet. « Ce projet constitue la première mise en œuvre à grande échelle de travaux sans interruption du trafic aérien dans le cadre des projets aéroportuaires d’aide chinoise à l’étranger, il s’agit à la fois d’un test de la précision des travaux et d’un défi en termes de capacité d’organisation, » a-t-il souligné.
Selon lui, les travaux de construction de la tour de contrôle et du bâtiment administratif du contrôle aérien se déroulent principalement pendant la journée, tandis que ceux concernant l’aire de trafic de l’aéroport sont programmés la nuit.
Afin de garantir la sécurité aérienne malgré ces contraintes, les procédures au sein de l’aire de trafic sont précises et strictes : à 17H30, le personnel et les engins se rassemblent pour suivre une formation à la sécurité, puis passent les contrôles d’alcoolémie et de sécurité avant de pénétrer sur le tarmac ; les travaux s’achèvent avant 05H00 le lendemain matin, puis un nettoyage et une inspection sont organisés ; une fois la conformité à la navigabilité confirmée, le personnel et les engins quittent l’aire avant 05H30.
Cette rigueur dans l’exécution a été saluée par les autorités burundaises. « La société chinoise a pu surmonter des conditions complexes grâce à une gestion rigoureuse du chantier et à une coordination efficace, assurant simultanément le respect des délais et la sécurité des opérations aéroportuaires, » indique une lettre d’appréciation de l’Autorité de l’Aviation civile du Burundi.
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle, l’impatience est également palpable au sein de la population locale. « On attend impatiemment, avec un bon enthousiasme, la finalisation de ce projet, parce qu’il va nous amener beaucoup d’intérêts ici au Burundi, » a indiqué Harris Arakaza, employé du projet qui y travaille depuis 2024.
By Xinhua


