Réforme constitutionnelle au Sénégal : Ousmane Sonko cherche-t-il à réduire les pouvoirs de Diomaye Faye ?
■■ L’Assemblée nationale sénégalaise a entamé l’examen d’un projet de réforme constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre, un chantier institutionnel sensible dans le pays.
Dakar , Afrique54.net ǀ Le projet de réforme constitutionnelle examiné par l’Assemblée nationale sénégalaise relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’État et alimente les interrogations sur une éventuelle redéfinition du rôle du président de la République au profit du Premier ministre.
Portée par la nouvelle majorité, cette réforme prévoit notamment de renforcer les prérogatives du Parlement et d’accroître les attributions du chef du gouvernement, qui pourrait notamment récupérer le pouvoir de nomination à certains emplois civils actuellement exercé par le président de la République.
Cette évolution intervient dans un contexte particulier marqué par la relation institutionnelle entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, longtemps figure centrale de leur courant politique commun.
Pour ses promoteurs, la réforme vise à instaurer un meilleur équilibre entre les institutions, à renforcer le contrôle parlementaire et à moderniser le fonctionnement de l’État. Ses détracteurs y voient toutefois une possible réduction de la marge d’action présidentielle et une évolution vers un régime donnant davantage de poids au Premier ministre.
La question au cœur des débats est donc de savoir si cette réforme constitue une simple réorganisation institutionnelle ou si elle traduit une volonté de rééquilibrer durablement le pouvoir exécutif sénégalais.
Le texte doit encore franchir plusieurs étapes avant son adoption définitive.
© Afrique54.net ǀ Marcien Essimi


