■■ Le débat sur la sécurité au Sahel s’enrichit d’une nouvelle contribution majeure. La maison d’édition L’Harmattan annonce la parution pour le 16 avril 2026, de l’ouvrage « Le financement du terrorisme au Sahel – De l’hybridité des acteurs à l’endogénéisation du phénomène », signé du chercheur malien Aly Tounkara. Une plongée incisive dans les mécanismes financiers qui alimentent l’instabilité dans la région.
Bamako, Afrique54.net | Depuis plus d’une décennie, le Sahel s’enfonce dans une crise sécuritaire persistante. Attaques armées, expansion des groupes terroristes, fragilisation des États : malgré les offensives militaires et les coopérations internationales, la menace ne faiblit pas.
Pour le Dr Aly Tounkara, la clé du problème est ailleurs : elle se trouve dans les circuits financiers. Derrière les kalachnikovs, il y a des flux d’argent, souvent opaques, qui structurent et prolongent le phénomène terroriste.
Des réseaux hybrides et insaisissables
L’originalité de l’ouvrage réside dans son analyse fine de « l’hybridité des acteurs ». Le terrorisme au Sahel n’est plus uniquement l’œuvre de groupes idéologiquement structurés. Il s’appuie désormais sur des réseaux complexes mêlant criminalité, économie informelle et complicités locales.
Trafic, contrebande, enlèvements, taxation informelle : les sources de financement sont multiples, évolutives et profondément imbriquées. Pire encore, elles tendent à s’enraciner dans les réalités locales, rendant la menace plus diffuse et plus difficile à éradiquer.
L’auteur parle ainsi d’une « endogénéisation » du phénomène, où le terrorisme se nourrit de l’intérieur même des sociétés qu’il déstabilise.
Les limites du tout-militaire
Face à cette mutation, l’ouvrage lance un avertissement clair : la réponse militaire seule ne suffira pas. Si elle reste indispensable pour contenir l’urgence, elle ne peut, à elle seule, briser les dynamiques profondes du terrorisme.
« Assécher les ressources financières » devient alors un impératif stratégique. Sans cette action ciblée, les groupes armés continueront de se reconstituer, d’innover et de s’adapter.
En croisant droit, géopolitique et stratégie, Aly Tounkara livre une analyse à la fois accessible et rigoureuse. Enseignant-chercheur à Bamako et directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), il mobilise une expertise de terrain qui renforce la portée de son propos.
Destiné aux décideurs, aux chercheurs mais aussi aux observateurs avertis, cet ouvrage s’impose déjà comme une référence pour comprendre les ressorts invisibles de la crise sahélienne.
Une contribution majeure au débat
À l’heure où les stratégies internationales peinent à produire des résultats durables, « Le financement du terrorisme au Sahel » remet au centre du débat une évidence trop souvent négligée : suivre l’argent, c’est comprendre la guerre.
Un livre coup de poing, qui pourrait bien redéfinir les approches de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
© Afrique54.net | Marcien Essimi, depuis Yaoundé



