■■ Dans une tribune critique publiée sur le réseau social Linkedin, le consultant camerounais Ange Ngandjo dénonce ce qu’il qualifie d’« opacité préoccupante » de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) concernant la non-publication des retraits d’agréments de plusieurs établissements de microfinance (EMF) dans la zone CEMAC.
Yaoundé , Afrique54.net | Selon Ange Ngandjo, auteur du livre « La Conformité bancaire dans la zone CEMAC » disponible en 08 langues, l’adoption en juillet 2020 d’un règlement relatif à la protection des consommateurs de produits et services bancaires laissait espérer un renforcement significatif de la transparence et de la défense des usagers du système financier régional. Or, observe-t-il, la pratique actuelle de la COBAC tendrait à produire l’effet inverse, donnant le sentiment que la protection des agents économiques serait reléguée au second plan.
Ange Ngandjo souligne qu’à la lecture du rapport annuel 2024 de la COBAC — rendu disponible fin octobre 2025 — il ressort que 70 établissements de microfinance auraient perdu leur agrément au sein de la CEMAC. Pourtant, début 2026, aucune liste officielle ne préciserait encore l’identité de ces institutions, de leurs dirigeants ni leurs pays d’implantation.
Cette situation, estime-t-il, serait en contradiction avec l’article 79 du règlement n°01/17/CEMAC/UMAC/COBAC de septembre 2017, qui prévoit que toute décision de retrait d’agrément doit être publiée au journal officiel et dans au moins un organe de presse majeur de l’État membre concerné. Pour le consultant, l’absence de diffusion de ces informations fragilise la crédibilité du régulateur et expose les épargnants à des risques évitables.
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L’auteur insiste également sur l’enjeu de protection des investisseurs peu aguerris, pour lesquels la transparence des décisions de régulation constitue un rempart contre les arnaques et les placements à haut risque. I
Il estime que la COBAC, en tant qu’organe de supervision, devrait « prêcher par l’exemple ». « Quel exemple pour les assujettis à la COBAC, auxquels la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) doit prêcher par l’exemple et à qui elle impose de toujours agir au mieux des intérêts des consommateurs et veiller à leur protection financière ? », S’interroge-t-il.
Cette sortie du Banquier-consultant camerounais Ange Ngandjo relance ainsi le débat sur l’équilibre entre discrétion institutionnelle, stabilité financière et droit à l’information des citoyens dans l’espace économique de la CEMAC.
© Afrique54.net | Marcien Essimi, depuis Yaoundé
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