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Cameroun | Olivier Bile et Paul Biya devant le Conseil Constitutionnel ?

Cameroun | Olivier Bile et Paul Biya devant le Conseil Constitutionnel ?

■■ L’opposant au régime de Yaoundé, le Professeur Olivier Bile au nom des Libérateurs du Cameroun, vient de saisir le Conseil Constitutionnel, juridiction compétente en matière électorale au Cameroun, pour dénoncer ce qu’il appelle une « paralysie institutionnelle » au sommet de l’Etat. Il demande la constatation de l’empêchement définitif du président Paul Biya en s’appuyant sur l’article 06 de la Constitution.

 

Yaoundé, Cameroun | Dans sa requête adressée  au Conseil Constitutionnel du Cameroun, le président national du parti politique les Libérateurs du Cameroun, le Prof. Olivier Bile, estime que le Président Paul Biya n’est plus capable de diriger le pays. Il parle de « paralysie institutionnelle. » Le sommet de l’Etat est en panne sèche de décisions déterminantes pour l’avenir de la Nation.

Selon lui, le Cameroun depuis 2019 est plongé dans une crise institutionnelle profonde. Le signataire de la requête décrit une situation de blocage généralisée où les trois pouvoirs de l’État, exécutif, législatif et judiciaire, sont paralysés.

A l’exécutif, selon les signataires, l’absence de remaniement ministériel depuis plus de six ans est présentée comme un signe d’incapacité du chef de l’Etat à exercer ses prérogatives. Les décès, démissions et intérims au sein du gouvernement n’ont pas été suivis de décisions correctives, ce qui aurait fragilisé l’appareil administratif et la mécanique générale de gouvernance. Ils déclarent dans la requête « Qu’en dépit des nombreux décès, démissions, intérims et autres cumuls de fonctions au sein du gouvernement de la république, le chef de l’Etat n’a plus été en mesure d’effectuer de mouvement ministériel depuis 2019. Il n’est manifestement plus en capacité symbolique de le faire, lui qui a toujours été si attaché à son décret comme chacun le sait. »

 

Un législatif figé et vieillissant

D’après l’opposant Olivier Bile le pouvoir législatif est caractérisé par un immobilisme légendaire. Il précise que « L’incapacité à remettre du dynamisme au travers notamment du renouvellement des responsables des deux chambres du parlement est également factuelle. Leur indisponibilité manifeste ainsi que leur état de santé notoirement préoccupants militent pourtant en faveur de leur remplacement. »

Un judiciaire paralysé depuis cinq ans

Quant au pouvoir judiciaire, le président national du parti les Libérateurs du Cameroun explique que le Conseil Supérieur de la Magistrature, présidé statutairement par le Chef de l’Etat, ne s’est plus réuni depuis au moins cinq ans.  Les conséquences seraient lourdes pour les magistrats, les justiciables et la société dans son ensemble, avec un système judiciaire en panne et des carrières bloquées.

Le symbole d’un pouvoir absent

Au-delà des institutions, la requête signée par le président du parti politique Les Libérateurs, prof Olivier Bile insiste sur la dimension symbolique du pouvoir présidentiel. « Paul Biya, chef des armées, n’a plus assisté aux cérémonies de l’EMIA depuis de longues années. »

Pour le signataire, cette absence fragilise le moral des forces de défense, déjà mises à rude épreuve par les crises sécuritaires. Le texte évoque également un gouvernement par procuration, où les décisions seraient prises par délégation, renforçant l’idée d’un président dépossédé de son autorité.

La requête adressée directement au Conseil Constitutionnel du Cameroun, affirme que leur démarche n’est pas belliqueuse mais républicaine. « Précisons que la présente requête, formulée sans acrimonie ni bellicisme, mais plutôt avec responsabilité et esprit républicain, n’a qu’un seul objectif : permettre aux Camerounais de sortir d’une très longue léthargie génératrice d’immobilisme et de misère perpétuelle ».

Les enjeux institutionnels, politiques et sociaux

Cette requête soulève plusieurs enjeux majeurs. Sur le plan institutionnel, elle interpelle directement le Conseil Constitutionnel, dont l’indépendance est souvent questionnée. Sur le plan politique, elle met en lumière la contestation croissante du pouvoir de Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.

Sur le plan social, elle reflète une frustration populaire face à l’immobilisme et à la crise de gouvernance. Sur le plan symbolique, elle associe la démarche à une exigence de vérité et de justice, en invoquant même des références bibliques pour renforcer son poids moral.

 

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Si le Conseil Constitutionnel venait à donner suite, les conséquences seraient considérables. Une nouvelle Election présidentielle devrait être organisée dans un délai très court, bouleversant l’équilibre politique du pays. Celle-ci souvent perçue comme proche du pouvoir en place, et une destitution représenterait un tournant historique sans précédent.

Le professeur Olivier Bile, signataire de la requête, est une figure intellectuelle et politique connue. A la veille du scrutin présidentiel, Olivier Bile rappelle son projet d’Alliance pour une Transition Pacifique (ATP), lancé en février 2024.

Conçue comme une primaire ouverte et numérique pour fédérer l’opposition et la société civile, l’initiative, malgré l’adhésion initiale d’une vingtaine d’organisations, a finalement échoué sur fond de divisions et rivalités internes. En s’exprimant au nom des Libérateurs du Cameroun, Prof. Bile cherche à donner une dimension collective à la démarche.

Une étape dans la contestation du pouvoir

Cette requête au Conseil Constitutionnel marque une étape significative dans la contestation du pouvoir de Paul Biya selon certains analystes politiques. Elle met en lumière les fragilités institutionnelles du Cameroun et pose la question de la succession politique dans un pays dirigé depuis plus de quarante ans par le même homme.

Selon eux, qu’elle soit acceptée ou rejetée, elle témoigne d’une volonté croissante de certains acteurs politiques et civils de provoquer un débat national sur l’avenir du Cameroun. Elle illustre aussi la tension entre la permanence d’un système politique figé et l’aspiration à une gouvernance renouvelée.

Le conseil constitutionnel a donc accusé réception de cette requête le 2 Janvier 2026 et précise « monsieur le président, j’ai l’honneur de vous faire tenir ci-joint le récépissé constatant l’enregistrement de votre requête », signé par le secrétaire générale Joseph Aseh Malegho.

Les conséquences possibles d’une destitution

Pour plusieurs observateurs de la scène politique au Cameroun, cette requête met en avant la nécessité d’un sursaut institutionnel et politique, capable de redonner confiance aux citoyens et de revitaliser l’État.

Le Conseil Constitutionnel, en tant qu’arbitre ultime, est placé devant une responsabilité historique. Sa décision, quelle qu’elle soit, aura un impact majeur sur l’avenir du Cameroun. C’est un cri d’alarme, une interpellation, une tentative de réveiller une nation endormie. Elle traduit l’urgence d’un changement et la volonté de certains acteurs de provoquer ce changement par les voies institutionnelles.

Le discours de fin d’année de Paul Biya

Depuis la publication de cette saisine du Conseil Constitutionnel par Pr Olivier Bile, le sujet alimente les débats sur les réseaux sociaux, télévisions et radios du pays. Pour les militants du parti au pouvoir, le discours du Chef de l’Etat   le 31 Décembre 2025 planifie l’avenir du Cameroun dans les sept prochaines des années « Mes chers compatriotes, fidèle à ce devoir de vérité que je viens d’évoquer, je n’ai pas de peine à reconnaitre, qu’en dépit du bilan appréciable que je viens de vous présenter, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie, c’est à quoi s’attèlera en priorité, le gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours. »

Le Conseil Constitutionnel jugera-t-il recevable cette requête de l’opposant camerounais Olivier Bile ? Just wait and see !

 

©Afrique54.net|Dan A Memée, depuis Yaoundé


Contact : info@afrique54.net

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