■■ La juriste camerounaise Rosine Antoinette Bela Eyebe, spécialiste reconnue du droit international et des affaires judiciaires, a reçu le Prix international des droits de l’homme le 22 novembre dernier à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Yaoundé, Afrique54.net | Cette distinction prestigieuse récompense l’excellence, le leadership féminin et l’engagement en faveur des droits humains, avec un accent particulier sur la protection des droits des femmes et des filles, son principal combat.
« Avec le recul, je suis reconnaissante de mon parcours jusqu’à présent. Je ne changerais rien, car chaque étape, chaque décision – bonne ou mauvaise – a contribué à faire de moi la professionnelle que je suis aujourd’hui », confie-t-elle avec fierté. Elle s’exprimait à l’Institute for African Women in Law (IAWL), organisation à but non lucratif qui célébrait son 10ᵉ anniversaire à l’occasion de cette cérémonie.
Une experte chevronnée au service de la justice internationale
Décrite comme une juriste rigoureuse et profondément engagée dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits, Rosine Bela Eyebe totalise plus de 13 années d’expérience professionnelle. Son expertise couvre des dimensions techniques, stratégiques et managériales, acquises aussi bien en Afrique qu’en Europe.
Depuis 2022, elle exerce au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca). Elle y occupe les fonctions de Cheffe par intérim de l’Unité d’appui aux juridictions et aux poursuites, au sein de la Section des affaires judiciaires et pénitentiaires.
Entre 2019 et 2022, elle a également œuvré comme experte technique des Nations unies, supervisant la conception et la mise en œuvre d’un projet visant à renforcer l’État de droit et les capacités des autorités judiciaires nationales dans la lutte contre l’impunité des crimes internationaux, notamment les violences sexuelles en période de conflit.
De La Haye aux Nations unies : un parcours d’excellence
L’un des tournants majeurs de sa carrière demeure la signature de son premier contrat avec une juridiction internationale. De 2014 à 2016, elle est juriste associée au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). « C’était l’aboutissement de nombreuses années de travail acharné », se souvient-elle.
Elle poursuivra ensuite son engagement à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, où elle exerce comme enquêtrice adjointe entre 2016 et 2019. À ce poste, elle assiste les juges et mène des recherches approfondies en droit international humanitaire et en droit pénal international.
Des débuts au Cameroun, un engagement sans frontières
Avant de s’imposer sur la scène internationale, Rosine Antoinette Bela Eyebe a construit les bases de sa carrière au Cameroun. Titulaire d’un Baccalauréat obtenu en 2002 au Lycée de la Retraite de Yaoundé, elle décroche ensuite une Licence et une Maîtrise en Droit privé aux universités de Ngaoundéré et de Soa.
Sa formation est complétée en 2014 par un Master en Droit international et européen des droits fondamentaux à l’Université de Nantes, en France. Elle revient alors au Cameroun pour exercer comme substitut du procureur de la République entre 2011 et 2015.
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Au parquet près les tribunaux de Ngoumou et de la Mefou-et-Akono, elle assiste le Procureur de la République, représente le ministère public devant les juridictions et veille au respect des normes internationales relatives au droit à un procès équitable.
Une voix africaine engagée pour la justice et l’authenticité
Qu’il s’agisse des enquêtes liées au genre, de la justice juvénile ou des violences sexuelles en situation de conflit, au Cameroun, en République centrafricaine ou ailleurs, Rosine Bela Eyebe demeure une figure incontournable. Son engagement ne faiblit pas, et son parcours inspire toute une génération de femmes africaines juristes. « Une chose que nous devons toujours préserver, c’est notre authenticité. Personne d’autre que nous ne devrait définir nos objectifs et nos limites », affirme-t-elle.
Experte technique en matière d’État de droit et de violences sexuelles liées aux conflits en République centrafricaine, elle résume ainsi son choix de carrière : « J’ai décidé d’étudier le droit parce que j’ai toujours été passionnée par la justice et la paix. Étudier le droit était pour moi un moyen de contribuer à rendre le monde meilleur. »
© Afrique54.net | Dan A Memée, depuis Yaoundé
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