■■ Les Syndicats des journalistes, travailleurs et assimilés de la CRTV ont annoncé lundi dernier, par voie du Communiqué n°6, une grève imminente dans tous les démembrements de la chaîne Nationale camerounaise à partir du 27 novembre 2025. Saisi, Charles NDONGO…
Yaoundé, Afrique54.net | Selon les précédents communiqués du Synatracom et du Synacom, cette décision serait motivée par une crise sociale persistante au sein de l’établissement public, crise qui entraverait l’épanouissement du personnel, malgré l’accord de principe sur les revendications minimales jugées incompressibles, paraphé avec Charles Pythagore NDONGO, nommé le 29 juin 2016 par décret présidentiel Directeur Général de la CRTV.
Le fleuve de revendications des personnels de l’État du Cameroun semble aujourd’hui n’épargner aucun corps constitué. Après les mouvements d’enseignants de tous ordres, ceux des magistrats et bien d’autres, émerge, presque à la surprise générale, celui des professionnels des médias et assimilés. Cette nouvelle grève annoncée charrie une longue liste de doléances parfois insoupçonnées, dont certaines remontent à 2017, voire plus tôt.
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Les raisons de la discorde
Les griefs sont nombreux, comme en témoigne le chapelet de revendications rendu public par les présidents des deux syndicats mentionnés. Parmi celles-ci figure la non-revalorisation des salaires des journalistes et assimilés de la CRTV, « malgré les deux hausses salariales des personnels de l’État, de 5,2 % puis 5 %, décrétées par le Président de la République ».
D’autres réclamations, jugées plus graves encore, pointeraient des violations du Code du travail ainsi que de la Convention 189 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon les documents syndicaux, on peut notamment lire :
- Les prestations familiales ne sont plus servies à la CRTV depuis janvier 2021 ;
- Les retraités ne perçoivent pas leurs droits au moment de leur départ à la retraite, en contradiction avec le Code du travail et les conventions nationales et internationales. Certains décèdent même plusieurs années après sans y avoir eu accès ;
- Ces mêmes retraités ne perçoivent que des pensions partielles de la CNPS, malgré leurs cotisations complètes ;
- La grille salariale de la CRTV n’est pas arrimée au SMIG fixé par le Premier ministre le 21 mars 2023 ;
- Les reclassements du personnel ne sont pas conformes aux recommandations des Commissions annuelles de reclassement (CAR) ni aux dispositions de la Convention collective de la CRTV ;
- Plusieurs mois de cotisations syndicales et de contributions à la Mutuelle du personnel, pourtant prélevées sur les salaires, n’ont pas été reversés.
Ces éléments figurent dans la décharge du préavis de grève déposé lundi 24 novembre 2025 aux services du Directeur général, et transmis à la rédaction d’Afrique54.
Travailleurs et direction aux antipodes : une grève inévitable ?
Après deux années de négociations infructueuses, le Communiqué n°6 adressé aux Confédérations syndicales ainsi qu’au Directeur général, Charles Ndongo adopte un ton ferme, laissant peu de place au doute quant à la détermination des syndicats. On peut notamment y lire :
« Ce lundi 24 novembre 2025, les représentants des syndicats ont été convoqués par le Directeur général et ont eu une concertation avec le Conseiller technique n°1 en vue de clarifier leur position. Malgré cette nouvelle concertation, et au vu de la gravité de la situation, cette réunion n’a pas permis d’obtenir satisfaction de nos doléances légitimes et fondamentales. En attendant la réaction du Directeur général, le préavis de grève pour le 27 novembre 2025 est maintenu. »
Contacté via message par la rédaction de votre média AFRIQUE54.NET, le diplômé de la 9e promotion de l’École Supérieure Internationale de Journalisme de Yaoundé Charles NDONGO, n’a pas donné suite à notre sollicitation visant à recueillir son avis sur les mesures envisagées par la Direction générale afin d’infléchir cette fronde syndicale qui menace la chaîne nationale où les langues laissent entendre que « Pythagore, dans son ‘’ théorème managérial’’, semble avoir du mal à intégrer le développement humain ».
© Afrique54.net | Joseph Ayangma, depuis Yaoundé
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