►► Dans sa communication du 11 juillet 2025, l’UNICEF déclare qu’il faut 200 millions de dollars supplémentaires cette année pour maintenir et étendre les services nutritionnels essentiels, en particulier le traitement de la MAS et la distribution d’aliments thérapeutiques.
Afrique54.net‹ L’UNICEF et ses partenaires font tout leur possible pour venir en aide aux victimes du conflit au Soudan, qu’il s’agisse de soigner les blessés et les enfants souffrant de malnutrition, de forer des puits ou de distribuer des vivres. Cependant, la violence génère des besoins urgents qui ne peuvent pas être comblés assez rapidement.
Depuis avril, le conflit dans le Darfour du Nord, en particulier autour d’Al Fasher et du camp de Zamzam, s’est intensifié. Des quartiers entiers ont été assiégés, des hôpitaux bombardés et des routes bloquées. Les convois humanitaires sont victimes de pillages et d’attaques. L’accès humanitaire est désormais presque totalement coupé.
Risque de rupture des stocks de RUTH
L’UNICEF a réussi à acheminer un lot de fournitures à Al Fasher au début de l’année, mais les tentatives d’en acheminer davantage ont été compromises par l’insécurité. Les stocks d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF) à Al Fasher sont désormais épuisés. Les établissements de santé à Zamzam et dans ses environs ont fermé leurs portes, tandis que les pénuries d’eau et le manque d’hygiène font planer la menace d’une propagation du choléra et d’autres maladies mortelles.
« Les enfants du Darfour sont affamés en raison du conflit et privés de l’aide qui pourrait leur sauver la vie », alerte Sheldon Yett, Représentant de l’UNICEF au Soudan.
« Même avant que la saison de soudure ne s’installe complètement, les chiffres étaient déjà alarmants, et risquent de s’aggraver sans une intervention humanitaire rapide. Nous sommes à un moment critique. La vie des enfants dépend de la décision du monde d’agir ou de détourner le regard », développe Yett.
Taux de malnutrition en hausse
La situation est aussi alarmante dans d’autres régions du pays. Les admissions pour malnutrition aiguë sévère ont augmenté de plus de 70 % dans le nord du Kordofan, de 174 % dans l’Etat de Khartoum et de 683 % dans l’Etat d’Al Jazirah. A Khartoum et à Al Jazirah, l’augmentation des taux d’admission s’explique en partie par l’amélioration de la sécurité et de l’accès humanitaire, qui permet aux mères de se rendre plus facilement dans les centres de santé pour obtenir de l’aide.
Alors que le Soudan est actuellement dans la période la plus critique de la saison de soudure, le risque de mortalité infantile massive augmente rapidement dans les régions déjà proches du seuil de famine. Les épidémies de choléra, les cas de rougeole et l’effondrement des services de santé aggravent la crise et exposent les enfants vulnérables à un risque encore plus grand.
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