►►Dans son communiqué du 02 juillet 2025, l’UNICEF qualifie le projet de loi relatif à la refondation de Mayotte adopté lundi 1er juillet, par l’Assemblée Nationale Française de loi sans ambition ni justice sociale.
Afrique54.net‹L’Assemblée Nationale a adopté un projet de loi présenté comme étant une “refondation”. Pour le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le projet est focalisé sur la répression et non sur la reconstruction de Mayotte.
« Le projet de loi fait pourtant le choix de se concentrer sur la lutte contre l’immigration irrégulière et l’habitat informel, sans apporter de garanties effectives de relogement. Pire, certaines mesures particulièrement problématiques ont été réintroduites par le gouvernement après avoir été écartées en commission », relève l’UNICEF.
L’Ile de Mayotte privée d’égalité
L’organisation évoque le cas du retour de l’enfermement d’enfants en centre de rétention, pourtant interdit à Mayotte à partir de 2027, par la création de nouvelles unités inspirées de dispositifs déjà dénoncés au niveau international. Pour elle, Mayotte est un territoire privé d’égalité.
« Le texte introduit également une discrimination inédite en réservant le Passeport pour la mobilité des études aux seuls élèves de nationalité française, écartant ainsi des milliers de jeunes de toute perspective éducative hors du territoire. La convergence des droits sociaux, pourtant évoquée, est repoussée à 2031 », regrette l’UNICEF.
Absence d’égalité entre Mayotte et l’Hexagone
Le Fonds décrie les conditions de vie de la population qui témoignent d’une absence d’égalité entre Mayotte et l’Hexagone. Le maintien de discriminations juridiques notamment l’absence de droits tels que l’Aide Médicale d’Etat (AME) ou le Droit au Logement Opposable (DALO), traduisent l’inégalité persistante et structurelle. Mayotte subit un enchevêtrement de crises. L’île est secouée par la pauvreté structurelle et la dégradation des services publics, conséquences dramatiques du cyclone Chido.
« Six mois après le passage du cyclone Chido, qui a ravagé l’île, le Gouvernement soumet aux parlementaires un projet de loi censé porter une vision de développement pour Mayotte. Mais dans un département où la pauvreté est endémique et les effets du changement climatique déjà bien présents, le texte fait l’impasse sur les causes structurelles des crises sociales, sanitaires et éducatives », pointe le Fonds.
Engager un véritable chantier de refondation à Mayotte
D’après l’UNICEF, l’accès à la santé reste dramatiquement restreint, avec près de 30 % de la population non raccordée au réseau d’eau potable et une succession d’épidémies (choléra, chikungunya). Parmi les 150 000 logements indignes recensés dans les DROM, 40 000 sont situés à Mayotte, et aucun programme de réhabilitation n’a été engagé, y compris pour les habitations en dur endommagées par le cyclone.
L’UNICEF suggère aux autorités hexagonales d’engager un véritable chantier de refondation à Mayotte étalé sur une période de 10 ans. Parmi les actions à mener, il y a la fin définitive de l’enfermement des enfants en rétention ; la convergence réelle et accélérée des droits sociaux ; l’accès universel aux services publics essentiels (éducation, santé, eau, assainissement) ; un plan massif de construction et de réhabilitation de logements dignes ; et un accompagnement effectif vers l’accès aux droits pour toutes les familles.
© Afrique54.net │Lucien Embom



