►►A en croire le rapport IPC de mai 2025, 470 000 personnes sont en situation de catastrophe dans la Bande de Gaza.
Afrique54.net‹L’ensemble du territoire de la Bande de Gaza est classé en situation d’urgence du 11 mai à fin septembre 2025. La population entière devrait être confrontée à une situation d’insécurité alimentaire aiguë de type crise ou pire. On parle de 470 000 personnes (22 % de la population) en situation de catastrophe, plus d’un million de personnes (54 %) en situation d’urgence et le demi-million restant (24 %) en situation de crise.
Il s’agit d’une détérioration significative par rapport à l’analyse IPC précédente (publiée en octobre 2024) et aux conditions déjà désastreuses détectées entre le 1er avril et le 10 mai 2025. Durant cette période, 1,95 million de personnes (93 %) ont été classées en situation de crise ou pire, dont 244 000 personnes (12 %).
Risque d’aggravation de la malnutrition
Entre le 1er avril et le 10 mai, la malnutrition aiguë (MAA) a atteint des niveaux d’alerte et de gravité. Cependant, l’expérience montre que la malnutrition aiguë peut s’aggraver rapidement, et les dernières données indiquent une tendance à la détérioration qui devrait persister. Par conséquent, la malnutrition aiguë dans les gouvernorats de Gaza-Nord, de Gaza et de Rafah atteindra probablement des niveaux critiques entre le 11 mai et fin septembre.
Entre mi-janvier et mi-mars 2025, le cessez-le-feu a permis une amélioration temporaire de l’insécurité alimentaire aiguë et de la malnutrition dans certaines parties de la bande de Gaza. Cependant, le blocus imposé début mars a inversé la situation. Depuis le 18 mars, l’escalade du conflit a déplacé plus de 430 000 personnes, perturbé davantage l’accès à l’aide humanitaire, aux marchés, aux services de santé, d’eau et d’assainissement, et causé des dommages supplémentaires aux infrastructures essentielles restantes.
Flambée des prix des aliments
Les 25 boulangeries soutenues par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont fermé début avril faute de fournitures, et les stocks de nourriture de la plupart des 177 cuisines chaudes seraient épuisés. Les entrepôts de l’UNICEF et du PAM sont à court de fournitures nutritionnelles préventives. Les prix des denrées alimentaires flambent chaque jour, la farine de blé coûtant entre 235 dollars américains les 25 kg à Deir al-Balah et 520 dollars américains à Gaza et Khan Younis, soit une augmentation de 3 000 % depuis février 2025.
Les dernières données montrent que de nombreux ménages ont recours à des stratégies d’adaptation extrêmes. Un tiers d’entre eux ramassent des déchets pour les revendre et acheter la nourriture, tandis qu’un quart a indiqué qu’il ne restait plus aucun déchet de valeur. Les observations révèlent que l’ordre social est en train de se dégrader.
© Afrique54.net │Lucien Embom



