►►Mangues et ananas séchés, poudre et concentré d’hibiscus : derrière ces produits issus des ressources locales, deux entrepreneuses ivoiriennes nourrissent une même ambition, faire croître leurs entreprises et conquérir de nouveaux marchés.
ABIDJAN– Mangues et ananas séchés, poudre et concentré d’hibiscus : derrière ces produits issus des ressources locales, deux entrepreneuses ivoiriennes nourrissent une même ambition, faire croître leurs entreprises et conquérir de nouveaux marchés.
A l’occasion de la neuvième Exposition internationale d’importation de la Chine (CIIE), prévue du 5 au 10 novembre à Shanghai, Nathalie Cahi, fondatrice de 2Saisons, et Asnath Adjé, responsable de la marque Lya Bissap, entendent faire connaître leurs produits, nouer des partenariats et trouver de nouvelles pistes de développement.
« Les clients achètent nos produits parce qu’ils sont bons et sains, sans sucre ajouté ni conservateurs », explique Mme Cahi, dont l’entreprise 2Saisons propose notamment des mangues et des ananas séchés, ainsi que d’autres fruits et légumes transformés.
Pour elle, la CIIE est surtout l’occasion de passer à une nouvelle étape dans le développement de son entreprise. Elle espère y rencontrer des fournisseurs chinois d’équipements et d’emballages afin d’améliorer ses capacités de production et de répondre à une demande plus large.
« Je sais qu’en Chine, il y a beaucoup de fournisseurs pour notre activité. Je souhaite voir ce qu’ils peuvent nous proposer afin de rendre notre production plus autonome », explique-t-elle, ajoutant que son entreprise utilise déjà des sachets provenant de Chine.
Avec sa marque Lya Bissap, Asnath Adjé veut élargir les usages de l’hibiscus, traditionnellement consommé sous forme de boisson en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays africains. Son objectif est de montrer qu’un produit familier pouvait aussi être décliné sous de nouvelles formes et trouver sa place dans d’autres usages.
A Shanghai, elle prévoit de présenter de la poudre d’hibiscus, une poudre extra-fine et du concentré. Ces produits pourraient intéresser les secteurs agroalimentaire et cosmétique, offrant de nouvelles possibilités de transformation et de commercialisation.
« Notre objectif est que la Côte d’Ivoire obtienne une part du marché international de l’hibiscus et qu’elle puisse établir un bon partenariat avec la Chine », précise-t-elle.
La CIIE représente pour elle une occasion de mieux comprendre les attentes des acheteurs chinois, de rencontrer des partenaires potentiels et de préparer l’accès de ses produits à ce marché.
Les ambitions de ces deux entrepreneuses s’inscrivent dans les efforts de la Côte d’Ivoire pour développer la transformation locale et diversifier ses exportations. Le pays figure parmi les principaux producteurs mondiaux de cacao, de noix de cajou et de caoutchouc, et cherche à accroître la valeur ajoutée de ses produits agricoles.
Rami Koné, directrice du département des manifestations commerciales à l’Agence Côte d’Ivoire Export, rappelle que la Côte d’Ivoire participe pour la première fois à la CIIE dans le cadre d’une délégation officielle collective. Les entreprises participantes mettront notamment en avant des produits transformés issus des filières du cacao, du café, de l’anacarde et de la noix de cola.
« Pour nous, chaque produit doit raconter l’histoire de l’excellence ivoirienne », souligne Mme Koné, qui voit dans l’exposition une occasion de promouvoir le savoir-faire national et la marque « Made in Côte d’Ivoire ».
Les perspectives commerciales entre les deux pays sont également favorables. Selon Li Chengyao, conseiller commercial de l’ambassade de Chine en Côte d’Ivoire, les échanges bilatéraux ont atteint 7,42 milliards de dollars en 2025, en hausse de 46,9% sur un an. Au premier semestre 2026, ils se sont élevés à 4,86 milliards de dollars, soit une progression de 34,6%. Le volume annuel pourrait dépasser les 10 milliards de dollars.
La politique chinoise d’exemption de droits de douane pour les pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine, entrée en vigueur le 1er mai 2026, offre également de nouvelles perspectives aux exportateurs ivoiriens. M. Li souligne toutefois que les entreprises doivent faire connaître leurs produits aux acheteurs chinois et nouer des partenariats commerciaux durables pour tirer pleinement parti des possibilités offertes par ce marché.
Pour Nathalie Cahi et Asnath Adjé, l’enjeu est désormais de transformer ces perspectives en débouchés concrets : faire découvrir leurs produits, comprendre les attentes du marché chinois et trouver des partenaires pour accompagner leur développement. Pour elles, la CIIE est bien plus qu’une vitrine commerciale : c’est une occasion d’élargir leurs horizons, de nouer des relations d’affaires et de donner une nouvelle dimension à leurs entreprises.
By Xinhua


