Sénégal : Dakar dément une contamination généralisée du riz aux aflatoxines et appelle à la sérénité
â– â– Le gouvernement sĂ©nĂ©galais monte au crĂ©neau pour rassurer les consommateurs. Dans un communiquĂ© de presse signĂ© par le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du ministère de l’Industrie et du Commerce, Serigne Mbodjane Seck Ndiaye, les autoritĂ©s rĂ©futent les informations relayĂ©es ces derniers jours par certains mĂ©dias faisant Ă©tat d’une contamination gĂ©nĂ©ralisĂ©e du riz commercialisĂ© au SĂ©nĂ©gal par les aflatoxines.
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Dakar, 25 juillet 2026 , Afrique54.net Ç€  – Le gouvernement sĂ©nĂ©galais tente de couper court Ă la polĂ©mique sur une supposĂ©e contamination gĂ©nĂ©ralisĂ©e du riz aux aflatoxines. Dans un communiquĂ© publiĂ© vendredi 24 Juillet 2026, le ministère de l’Industrie et du Commerce affirme que les informations diffusĂ©es par certains organes de presse reposent sur une interprĂ©tation erronĂ©e d’une Ă©tude scientifique et ne reflètent pas la rĂ©alitĂ© du marchĂ© sĂ©nĂ©galais.
Le dĂ©partement ministĂ©riel assure que « toute denrĂ©e alimentaire commercialisĂ©e au SĂ©nĂ©gal, qu’elle soit produite localement ou importĂ©e, est soumise Ă un contrĂ´le de conformitĂ© prĂ©alable Ă sa mise sur le marchĂ© », avant de faire l’objet d’une surveillance rĂ©gulière par les services compĂ©tents.
Le gouvernement réfute les informations alarmistes
Face aux inquiĂ©tudes suscitĂ©es dans l’opinion, le ministère dĂ©ment formellement l’existence d’une contamination gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Dans son communiquĂ©, il affirme que « le Ministère de l’Industrie et du Commerce tient Ă dĂ©mentir les informations sur les teneurs hors norme en aflatoxines sur le riz et les risques associĂ©s sur la santĂ© des populations ».
Les autoritĂ©s prĂ©cisent qu’entre janvier et juin 2026, 2 059 analyses ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es sur divers produits alimentaires par plusieurs laboratoires de rĂ©fĂ©rence, notamment le LANAC, l’ITA, l’Institut Pasteur, l’ESP et le CERES-Locustox.
Selon le ministère, « la surveillance du marché par la Direction du Commerce intérieur a par ailleurs été intensifiée pour prévenir toute mise en vente de produits impropres à la consommation ».
Une étude pilote sortie de son contexte
Le gouvernement estime que les conclusions alarmistes relayĂ©es dans certains mĂ©dias dĂ©coulent d’une mauvaise lecture d’une Ă©tude pilote financĂ©e par la FAO et conduite sous la supervision du ComitĂ© national du Codex.
Le communiquĂ© souligne que « cette Ă©tude est ponctuelle et gĂ©ographiquement limitĂ©e » et rappelle qu’« elle n’a portĂ© que sur 200 Ă©chantillons Ă l’Ă©chelle de la population sĂ©nĂ©galaise ». Les prĂ©lèvements ont Ă©tĂ© effectuĂ©s uniquement dans les villes de Dakar, Thiès et Kaolack, principalement auprès de restauratrices.
Pour le ministère, « en aucun cas, la faiblesse de cet échantillonnage ne permet de tirer des conclusions à portée nationale sur la qualité du riz consommé au Sénégal ».
Le débat porte sur la norme utilisée
Les autorités expliquent que la principale divergence concerne le référentiel de sécurité retenu pour interpréter les résultats.
Selon le communiquĂ©, « les rĂ©sultats de l’Ă©tude ont Ă©tĂ© comparĂ©s aux normes de l’Union europĂ©enne (4 µg/kg), qui sont parmi les plus draconiennes au monde ».
Le Sénégal indique pour sa part appliquer la norme internationale du Codex Alimentarius (CXS 193-1995), reconnue dans le commerce mondial des denrées alimentaires. Le ministère rappelle ainsi que « cette norme fixe la limite maximale en aflatoxines totales à 20 µg/kg pour le riz décortiqué ».
Dans ces conditions, poursuit le communiquĂ©, « la valeur maximale relevĂ©e lors de l’Ă©tude (18,6 µg/kg) demeure conforme aux standards internationaux du Codex Alimentarius ».
Le riz produit au SĂ©nĂ©gal n’est pas concernĂ©
Le gouvernement dĂ©ment Ă©galement les informations faisant Ă©tat d’une contamination du riz local. Le communiquĂ© prĂ©cise qu’« aucun prĂ©lèvement de l’Ă©tude ne provient des zones de production nationale (VallĂ©e du fleuve SĂ©nĂ©gal) ». Par consĂ©quent, estime le ministère, « les informations faisant Ă©tat de 50 % de contamination du riz local sont donc dĂ©nuĂ©es de tout fondement scientifique et factuel ».
Les autorités appellent au calme
Le ministère rĂ©affirme que les dispositifs de contrĂ´le sanitaire restent pleinement opĂ©rationnels et que les inspections du marchĂ© ont Ă©tĂ© renforcĂ©es. Les services du Laboratoire national d’analyses et de contrĂ´le (LANAC) et de l’Institut de technologie alimentaire (ITA), souligne le communiquĂ©, « veillent quotidiennement Ă la conformitĂ© des produits ».
En conclusion, le gouvernement invite les consommateurs à ne pas céder à la psychose et rappelle que « tout produit ne répondant pas aux normes de sécurité sanitaire est systématiquement retiré du marché et les auteurs sanctionnés selon la réglementation en vigueur ».
À travers cette mise au point, les autorités sénégalaises cherchent à restaurer la confiance des consommateurs tout en réaffirmant leur engagement en faveur de la sécurité sanitaire des aliments et de la transparence dans le contrôle des produits mis sur le marché.
© Afrique54.net ǀ Aglaé Esso


