■■ L’épidémie d’Ebola en cours en RDC demeure dans une phase « très active », le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, ayant averti jeudi que les infections n’avaient pas encore atteint un pic clairement identifiable, alors que le nombre de cas confirmés approche les 1.800.
Kinshasa – L’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC) demeure dans une phase « très active », le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, ayant averti jeudi que les infections n’avaient pas encore atteint un pic clairement identifiable, alors que le nombre de cas confirmés approche les 1.800.
S’exprimant à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri et épicentre de l’épidémie, M. Kamba a indiqué que le nombre de cas continuait d’augmenter chaque jour, notant que cette hausse était en partie attendue, car la mobilisation des relais communautaires avait amélioré la recherche des malades dans les communautés.
Selon les données épidémiologiques publiées jeudi soir, la RDC a signalé 1.792 cas confirmés dans les trois principales provinces touchées, dont 625 décès et 295 guérisons. Au total, 764 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés. Le taux de létalité global s’établit à 34,1%.
« Quand vous mobilisez beaucoup de ressources, notamment les relais communautaires qui vont chercher les malades dans la communauté, effectivement, vous allez augmenter le nombre de cas », a déclaré M. Kamba. « Mais cette augmentation du nombre de cas nous donne aussi l’information de la réalité qui est dans la communauté ».
Selon le ministre, un plateau puis une décroissance ne pourront être observés qu’à partir du moment où les équipes sanitaires pourront établir qu’il ne reste plus de malades non détectés dans les communautés.
Dans une zone densément peuplée, marquée par une forte mobilité et par des facteurs locaux compliquant l’adhésion communautaire, il est encore trop tôt pour déterminer quand l’épidémie atteindra son pic, a-t-il ajouté.
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a, de son côté, qualifié cette flambée de l’épidémie d’Ebola de progression « la plus rapide jamais observée ».
Lors d’une conférence de presse en ligne jeudi, Wesam Mankula, responsable des opérations de riposte à Ebola au CDC Afrique, a estimé que le virus continuait de devancer la riposte, l’épidémie poursuivant son évolution à la hausse.
Selon M. Mankula, le nombre de reproduction effectif de l’épidémie s’établit à 1,4, ce qui signifie que dix personnes infectées peuvent transmettre le virus à environ quatorze autres.
Le CDC Afrique a également indiqué que seuls environ 32% des cas étaient détectés à partir des listes de contacts, un niveau très inférieur à l’objectif de plus de 90%, même si le suivi des contacts s’était amélioré sans encore atteindre le niveau souhaité.
La recherche thérapeutique a également progressé, selon le CDC Afrique. Mosoka Fallah, un officiel au CDC Afrique, a indiqué lors de la conférence de presse virtuelle que l’essai clinique avait été officiellement lancé en RDC le 2 juillet. Cet essai évalue l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, séparément et en combinaison. Il a commencé dans un centre de traitement et devrait être étendu à d’autres sites.
Dr. Fallah n’a pas donné de chiffre précis sur le nombre de patients enrôlés, indiquant seulement que le recrutement avait commencé, qu’il approchait les deux chiffres et qu’il progressait régulièrement. Il a ajouté qu’un essai prophylactique distinct portant sur un médicament appelé obeldesivir devrait également débuter la semaine prochaine, avec environ 800 contacts à haut risque ciblés.
Le ministre congolais de la Santé a également averti que les mouvements de patients en provenance de l’Ituri avaient fait entrer de nouvelles zones dans le périmètre de la riposte.
Selon M. Kamba, des malades venus de l’Ituri étant arrivés à Kisangani, chef-lieu de la province voisine de la Tshopo, cette province est désormais concernée par l’épidémie. Il a indiqué que des cas avaient été signalés dans la zone de Wamba, dans la province du Haut-Uélé, après l’arrivée de malades en provenance de l’Ituri, ajoutant que Wamba est désormais considérée parmi les zones de santé touchées.
Plusieurs experts sanitaires ont indiqué à Xinhua que l’extension de l’épidémie à de nouvelles provinces avait fait craindre des risques de propagation plus larges.
Dans un rapport de situation publié jeudi soir, les autorités sanitaires congolaises ont indiqué que les investigations se poursuivaient concernant les cas signalés dans la Tshopo, un hub économique et commercial important dans la région.■
By Xinhua


