■■ Abidjan s’apprête à franchir un cap décisif dans le domaine scientifique et technologique avec le lancement de la toute première édition de l’Africa Space Expo ( ASPEX ). Placé sous le thème : « Le spatial africain en action : structurer, décider et déployer pour le développement socio-économique durable du continent », l’événement se tiendra du 24 au 26 septembre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan.
Abidjan, Afrique54.net ǀ Organisé par l’Agence spatiale africaine, en collaboration avec le gouvernement ivoirien, ce rendez-vous inédit réunira inventeurs, chercheurs, investisseurs, décideurs publics et privés, ainsi que des utilisateurs des technologies spatiales.
Un salon tourné vers le business spatial
Dédié au développement du business spatial en Afrique, l’ASPEX ambitionne de transformer ce secteur en un véritable levier de croissance économique. Les enjeux ciblés incluent notamment la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la sûreté maritime.
« ASPEX est complètement différent des conférences conventionnelles. ASPEX, c’est une foire. On y va pour faire des affaires dans le domaine spatial », a déclaré le Dr Tidiane Ouattara, président de l’Agence spatiale africaine.
Poursuivant, il a souligné le potentiel encore largement sous-exploité du continent :
« Selon la perspective africaine de l’espace, l’Afrique représente environ 30 milliards de dollars de revenus nets, alors que le continent n’a pas atteint 1 % de son potentiel. »
Pour lui, le spatial n’est plus un luxe, mais une nécessité stratégique pour les États africains, au risque sinon de se faire « phagocyter ». Il constitue un outil essentiel pour la maîtrise des ressources naturelles, la protection des territoires et la sécurité des populations.
La souveraineté technologique au cœur des enjeux
Présent lors du lancement, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a insisté sur l’urgence de renforcer la souveraineté technologique des États africains.
« La souveraineté technologique ne se mesurera pas à la taille d’un territoire, mais à la capacité d’un pays à produire, traiter et maîtriser ses propres données », a-t-il affirmé.
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a mis en lumière l’importance des technologies spatiales dans la vie quotidienne des populations.
Gestion des inondations, lutte contre la sécheresse, exploitation des ressources naturelles, sécurité alimentaire ou encore aménagement du territoire : autant de domaines où les données satellitaires jouent un rôle déterminant.
La Côte d’Ivoire vise l’espace
Le membre du gouvernement a également réaffirmé l’ambition de la Côte d’Ivoire de devenir le 18e pays africain à disposer de satellites. Pour concrétiser cet objectif, les autorités misent sur la création prochaine d’une agence spatiale nationale, dont le siège est en cours de réhabilitation à Yamoussoukro.
À noter que pour cette première édition de l’ASPEX, le Maroc et les États-Unis sont les pays invités d’honneur.
© Afrique54.net ǀ Stéphane Beti, depuis Abidjan



