►►Dans une vidéo, le Général Alain Bolodjwa, Gouverneur de l’Ituri, affirme que les militaires ne mangent pas au front trois fois par jour.
Afrique54.net‹ Bolodjwa est remonté contre la hiérarchie. Il critique vertement la gestion de la situation que son pays traverse. D’après ses dires, le Congo Démocratique n’a pas le droit d’être déstabilisé de cette manière.
« Aujourd’hui, les militaires mangent 15 jours. Mais au ministère demander combien d’argent on est en train de donner pour les vivres. Aujourd’hui, les fonds, je ne sais pas, sont quadruplés. Les militaires doivent manger trois fois. Et ils ne mangent pas, et surtout ici au front, on pense que c’est qui ? On pense que c’est moi ! Quand les militaires ne sont pas payés, les gens pensent que c’est le gouverneur », s’enflamme le Général Bolodjwa.
Problème d’effectif
Lors d’une visite du Président de la République, Alain Bolodjwa a soulevé les problèmes qui freinent les ardeurs des militaires contre la rébellion. « Le chef de l’Etat, le commandant suprême est arrivé ici. J’avais parlé du problème d’effectifs. Les gens ont dit tout ce qu’ils voulaient. Mais nous avons eu les conséquences. Je crois que tous ceux qui étaient à Goma, tous les commandants qui étaient à Goma, ils connaissent de quoi je parle », raconte-t-il.
Des dénonciations ont été faites. « On a donné des rapports mais en réalité rien n’a été fait. Et jamais ces gens-là n’ont été mis en cause. Alors que nous n’avons pas encore fini ce problème-là de personnel militaire, bon voilà, maintenant, aujourd’hui, c’est encore le problème des veuves », s’indigne Bolodjwa.
Veuves des militaires non payées
Les veuves des militaires tombés au front ne sont pas payées. Elles ont menacé de se pavaner dans le plus simple appareil pour obtenir leur argent. « Ça touche vraiment le moral des militaires. Ça touche le moral de ces combattants, de ces hommes-là qui sont sur la ligne de front. Comment est-ce qu’ils vont combattre s’ils savent que s’ils meurent, on ne va pas s’occuper des veuves, qu’on va traiter leurs veuves comme on est en train de le faire aujourd’hui », s’interroge le Gouverneur de l’Ituri.
« Nos militaires sont en train de mourir. S’il y a un militaire qui est devant l’ennemi, il apprend que les veuves ne sont pas payées. Pourquoi est-ce que ce militaire-là va se sacrifier ? Il va dire, le jour où je vais mourir, Ça sera la même chose pour mes enfants », renchérit-il.
A chacun ses responsabilités
Le Général Alain Bolodjwa croit qu’il y a beaucoup de choses à revoir dans la gestion de la crise sécuritaire en RD Congo. Les contrôles doivent être des contrôles sérieux. Si les contrôles sont sérieux on va voir le résultat. L’Officier supérieur soutient qu’il n’est pas complice des misères infligées à ses éléments. « Moi je suis là pour les opérations. C’est vrai que je représente l’armée, mais moi je suis là pour la mise en œuvre. La mise en œuvre, c’est le combat. C’est la guerre », précise-t-il.
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