■■ Le patron de Sophia SA est au cœur d’un nouveau différend foncier. Il est accusé par la société ESTP d’avoir orchestré une vaste opération d’escroquerie portant sur 1,79 milliard de francs CFA. Les responsables de l’entreprise ont exposé leur version des faits, jeudi 3 septembre 2026, au cours d’une conférence de presse.
Abidjan, Afrique54.net ǀ Face aux journalistes, Mme Ouattara Ahoua, partenaire financière de l’ESTP, avait à ses côtés Mory Soumahoro, directeur général de l’entreprise. D’emblée, la conférencière n’a pas mâché ses mots : « Nous avons été escroqués et nous ne nous laisserons pas faire. »
Poursuivant son intervention, Mme Ouattara Ahoua a dévoilé les contours de ce dossier qu’elle présente comme particulièrement préoccupant. Selon son récit, Touré Ahmed Bouah se serait présenté comme le propriétaire d’un vaste terrain de 346 hectares situé à Ayamé-Adjamé 4 Croix, incitant ainsi l’ESTP et ses partenaires à y engager des travaux pour un montant estimé à 1,79 milliard de francs CFA.
Toujours selon la responsable, l’opération aurait été montée sur la base de documents que l’ESTP considère aujourd’hui comme frauduleux, ainsi que de promesses de partage des bénéfices. Une stratégie qui aurait convaincu les investisseurs d’engager d’importantes ressources financières.
Mais, affirme-t-elle, la désillusion serait intervenue lorsque l’ESTP aurait découvert que le même site avait déjà été vendu à deux autres entreprises.
« Aujourd’hui, nous découvrons qu’il n’avait aucun droit sur ce qu’il nous promettait », a déclaré Mme Ouattara Ahoua.
Des tensions avec les forces de l’ordre
Le dossier prend une dimension supplémentaire avec les accusations formulées par les responsables de l’ESTP concernant la gestion de certaines situations impliquant les forces de maintien de l’ordre.
Mme Ouattara Ahoua évoque notamment une attaque dont les employés et les ouvrages de l’entreprise auraient été victimes il y a environ deux semaines.
« La police et la gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des citoyens. Mais quand vous êtes agressés et que vous allez vers elles, elles appellent Touré Ahmed Bouah et libèrent les agresseurs. Cela nous fait croire à ce qu’il dit, puisqu’il affirme être intouchable en Côte d’Ivoire », a-t-elle déploré.
Des accusations particulièrement graves, qui mériteraient, le cas échéant, d’être confrontées aux explications des services de police et de gendarmerie concernés.
Une plainte déposée au Pôle pénal économique et financier
Au terme de sa prise de parole, Mme Ouattara Ahoua a lancé un appel au président de la République, Alassane Ouattara, dont la politique en faveur de l’accès au logement constitue, selon elle, une source d’espoir pour les Ivoiriens de l’extérieur désireux d’investir dans leur pays.
« Le président Alassane Ouattara a fait du logement une priorité. Nous, Ivoiriens de l’extérieur, voulons aider le pays à se développer. Mais quand on tombe sur des individus comme Touré Ahmed Bouah, cela dissuade d’investir en Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré.
La responsable a par ailleurs annoncé que l’ESTP avait déposé, le 17 août 2026, une plainte auprès du Pôle pénal économique et financier, notamment pour des faits présumés de faux, usage de faux et escroquerie, portant sur un montant de 1,79 milliard de francs CFA.
L’ESTP affirme désormais s’en remettre à la justice et appelle les autorités compétentes à faire toute la lumière sur cette affaire.
Au-delà du différend qui oppose les protagonistes, ce dossier remet sur la table une question cruciale pour l’économie ivoirienne : celle de la sécurisation des investissements et de la confiance dans le secteur foncier et immobilier.
© Afrique54.net ǀ Stéphane Beti, depuis Yaoundé



