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Économie –   Guerre en Iran | pourquoi les prix du carburant pourraient encore grimper au Cameroun

■■ La flambée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient pourrait contraindre l’État à réajuster les prix à la pompe. Dans un document de travail publié en 2026, le ministère des Finances alerte sur les conséquences d’un choc pétrolier susceptible d’entraîner une nouvelle hausse des prix du carburant à la pompe.

 

Yaoundé, Afrique54.net | La guerre déclenchée le 28 février 2026 entre les États-Unis, Israël et la République islamique d’Iran fait planer une nouvelle menace sur le pouvoir d’achat des ménages camerounais.

Un baril sous pression au cœur des tensions

Au centre de cette crise, le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Les perturbations du trafic maritime dans cette zone ont immédiatement fait grimper les prix sur les marchés internationaux.

Selon le document du MINFI, le baril de Brent a franchi les 90 dollars début mars 2026, avec des projections oscillant entre 90 et 100 dollars, voire jusqu’à 150 dollars en cas d’escalade prolongée. Une situation qui ravive les craintes d’un nouveau choc énergétique mondial.

Une dépendance qui expose le Cameroun

Le Cameroun, bien que producteur de pétrole, reste fortement dépendant des importations de produits raffinés. Cette configuration le rend particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix internationaux.

Selon le ministère des Finances, le pays importe en moyenne 200 milliards de F CFA de produits en provenance du Moyen-Orient, dont environ 120 milliards de carburants. À cela s’ajoute une dépendance indirecte vis-à-vis de partenaires comme l’Europe, les États-Unis ou l’Inde, eux-mêmes tributaires du pétrole du Golfe.

Cela implique que toute hausse des prix à l’échelle mondiale se répercute rapidement sur les coûts d’importation.

Un choc pétrolier à double tranchant pour les finances publiques

Le Cameroun se retrouve dans une position paradoxale face à la flambée des prix du pétrole. Comme le souligne le document du ministère des Finances, le pays est à la fois producteur de pétrole et importateur de produits raffinés, ce qui rend l’impact du choc pétrolier particulièrement ambigu.

Selon les données fournies par le MINFI, la hausse des cours internationaux booste les recettes d’exportation d’un côté. Après la crise du Covid-19, ces revenus ont fortement progressé, passant de 824 milliards de F CFA en 2020 à 1 223 milliards en 2021, soit une hausse de 48,4 %. L’effet du conflit russo-ukrainien a amplifié cette dynamique en 2022, avec une augmentation de 75,6 %, portant les exportations à 2 147 milliards de F CFA.

Dans la même logique, les recettes publiques tirées du secteur pétrolier ont suivi. Les redevances pétrolières sont passées de 409 milliards en 2021 à 774,5 milliards en 2022, avant de se replier progressivement à 622,8 milliards en 2023 puis 530 milliards en 2024. L’impôt sur les sociétés pétrolières a également connu une forte progression, atteignant 254,2 milliards en 2023, contre 73,2 milliards en 2021.

En parallèle, la facture des importations de carburants s’est envolée. Elle est passée de 529 milliards de FCFA en 2020 à 614 milliards en 2021, puis à 1 049 milliards en 2022 et 1 128 milliards en 2023. Même si une baisse a été observée par la suite — à 788 milliards en 2025 — celle-ci reste étroitement dépendante de l’évolution des cours internationaux.

Or, une partie de ces coûts est absorbée par l’État à travers les subventions des prix à la pompe. Ce mécanisme, déjà très coûteux, devient difficilement soutenable lorsque les prix du pétrole augmentent fortement.

Dans ce contexte, le conflit en cours pourrait reproduire un schéma déjà observé : une hausse des recettes pétrolières, mais une augmentation encore plus rapide des dépenses publiques.

Autrement dit, le pétrole cher enrichit… mais il coûte encore plus cher. Un déséquilibre qui pourrait contraindre les autorités à revoir les prix à la pompe.

Vers une hausse des prix du carburant ?

L’expérience récente montre que lorsque la pression devient trop forte, l’État ajuste les prix. En 2023 et 2024, le gouvernement avait déjà procédé à des augmentations du prix du super et du gasoil pour contenir le poids des subventions.

Aujourd’hui, face à la remontée des cours du pétrole, un scénario similaire apparaît plausible, même si aucune décision officielle n’a encore été annoncée.

Le MINFI reste prudent, mais souligne que l’évolution dépendra du niveau des prix internationaux et de la durée du conflit.

 

©Afrique54.net | Dan A Memée, depuis Yaoundé


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