Cameroun : le maire de Mfou Francis Ngoumou dévoile ses failles face à de jeunes challengers
■■ Hier 24 mars 2026, lors du 41e Anniversaire du RDPC, ce qui devait être une célébration de cohésion s’est transformé en séquence politique tendue : Francis Ngoumou, visiblement informé des ambitions de certains challengers, dont Félix Mbarga Mbarga, jeune natif du groupement Mvog-Amoug 2 (Mefou et Afamba), se fend d’un discours rouillé qui en dit plus qu’il ne veut l’admettre.
Mfou , Afrique54.net | À Mfou, les banderoles étaient impeccables, les slogans répétés au millimètre, et les militants bien alignés. Mais derrière ce décor parfait, le maire a semblé soudain pris de panique. Connaissant les mouvements et ambitions de certains jeunes loups — parmi lesquels Félix Mbarga Mbarga — il a troqué le costume de rassembleur pour celui de vigile nerveux de sa propre maison politique. Le résultat : un discours maladroit, hésitant, semé de mises en garde contre des adversaires internes, qui a plutôt exposé ses propres inquiétudes qu’il ne les a contenues.
« On est venus pour fêter, pas pour assister à un cours de stratégie militaire », souffle un militant, mi-amusé, mi-gêné. Et pour les analystes, la scène est limpide : « Lorsqu’un responsable révèle publiquement qu’il connaît les ambitions de ses challengers, chaque mot devient un aveu de vulnérabilité », observe un politologue basé à Yaoundé. En voulant verrouiller la situation, le maire a paradoxalement mis en lumière les fractures qu’il cherchait à cacher.
Chez les militants, le mélange de surprise et de sourire persiste. « Le chef a voulu montrer qu’il avait tout sous contrôle, mais on sentait qu’il lisait entre les lignes de ses propres notes avec une certaine fébrilité », raconte un jeune cadre du parti. Une autre militante ajoute, ironique : « S’il y a des tensions internes, on ne les expose pas sur scène comme un menu du jour. »
Ironie supplémentaire : Félix Mbarga Mbarga, jeune natif du groupement Mvog-Amoug 2, apparaît indirectement comme l’épine dans le pied du maire. Conscient de son influence montante, Ngoumou a multiplié les avertissements et les phrases toutes faites, mais le discours est apparu rouillé, hésitant, et davantage révélateur de ses propres appréhensions que de véritables stratégies pour maintenir l’unité.
Au final, cette séquence illustre une leçon politique classique : mieux vaut parfois garder ses informations pour soi. À force de vouloir contrôler les ambitions des « jeunes loups », Ngoumou a fini par laisser transparaître ses fragilités — un rappel ironique que dans l’arène politique, un mégaphone entre de mauvaises mains peut faire plus de dégâts que de bien.
Une correspondance particulière de Bobo Ousmanou pour Afrique54.net



