L’escalade des Etats-Unis au Venezuela : arrestation de droit ou intérêts égoïstes ?
Le 3 janvier 2026 est marqué par un évènement inédit au 21ème siècle, l’enlèvement du Président Vénézuélien Nicolas MADURO, et de son épouse la Première Dame, Cilia FLORES. Cet enlèvement, orchestré par les forces américaines au cours d’une opération nommée Opération Absolute Resolve, a eu lieu à Caracas, capitale du Venezuela, alors que le couple présidentiel se trouvait dans la résidence présidentielle. Cet évènement, vu comme une aggravation du conflit américano-vénézuélien est considéré par certains comme un coup d’Etat[1]. Si nombre d’acteurs de la communauté internationale considèrent cet enlèvement comme un acte héroïque, il faut quand-même noter qu’il est entaché de plusieurs vices qui violent la quasi-totalité du droit international.
Les Etats-Unis ne sont plus un pays à présenter. Ils sont officiellement reconnus comme étant la première puissance économique mondiale juste devant la Chine, aussi comme la première puissance militaire toujours talonnés par la Chine et la Russie. Mais cette puissance dont ils disposent ne sert pas toujours les meilleures causes. L’histoire nous apprend qu’ils sont à l’origine de nombreuses guerres. En effet, au 19ème siècle, les Etats-Unis ont été responsables de la guerre américano-mexicaine[2] (1846-1848) déclenchée après l’annexion du Texas et qui a mené à la cession de vastes territoires aux États-Unis ; des guerres contre les peuples autochtones, des conflits dès le XVIIe siècle, comme la guerre des Pequots, marquaient la lutte pour les terres. Au 20ème siècle, les Etats-Unis ont une implication majeure dans la guerre du Vietnam, dans les guerres bananières[3] et même dans l’invasion du Panama[4], entre autres.
Plus récemment, soit au début du 21ème siècle, ils sont responsables de la guerre d’Afghanistan (2001-2021), de l’invasion de l’Irak déclenchée en 2003 par l’administration BUSH, et ont aussi participé au renversement de Mouammar Kadhafi[5].
Tous ces actes des Etats-Unis, ont été posés à chaque fois dans le mépris des règles de droit international édictées à travers la Charte des Nations Unies et l’enlèvement du Président Vénézuélien vient rajouter un forfait à leur palmarès pourtant bien fourni.
Ainsi pour mieux comprendre les implications de cet acte dictatorial posé par Donald TRUMP (B), il semble essentiel d’en soulever les raisons de prime abord (A).
- LES RAISONS DE L’ENLEVEMENT DE NICOLAS MADURO
En droit international, il existe plusieurs principes qui garantissent aux dirigeants étatiques encore en fonction de ne pas être poursuivis par les instances pénales qu’elles soient nationales ou internationales. On distingue entre autres, l’immunité de juridiction qui voudrait qu’un chef d’Etat en fonction ne puisse pas être poursuivi par des juridictions d’autres pays, tant que les actes qu’ils posent rentrent dans le cadre de leurs fonctions officielles ; l’immunité diplomatique qui protège les chefs d’Etat non seulement contre les poursuites judiciaires, mais aussi contre les arrestations et détentions ; le principe de non-ingérence qui stipule que les Etats doivent s’abstenir d’interférer dans les affaires intérieures d’autres Etats, renforçant ainsi le principe de la souveraineté des Etats. En enlevant le président du Venezuela, Donald TRUMP, président des Etats-Unis d’Amérique a violé non pas seulement ces principes de droit international, mais l’ensemble du droit international et les raisons à cela peuvent être de deux ordres principaux : d’un côté les raisons officielles(1) et de l’autre les raison réelles (2).
- Les raisons officielles
Une raison officielle est le motif, la justification ou l’explication fournie publiquement par une autorité (gouvernement, institution, entreprise) pour une décision, un acte ou une situation, qui est présentée comme légitime et conforme aux règles, même si elle peut parfois cacher d’autres motifs réels ou moins acceptables (comme le suggère le terme « raison officielle » par opposition à « véritable raison »). Elle est l’argumentation acceptée par la communauté ou le public, s’opposant à une explication plus personnelle, émotionnelle ou cachée[6]. Dans la même lancée, plusieurs sources, médiatiques[7] et judiciaires[8] ont communiqué à l’opinion publique que le président vénézuélien est poursuivi pour narco terrorisme, trafic de drogue et possession d’armes.
L’un des principes les plus fondamentaux de la procédure pénale est la présomption d’innocence dont n’a malheureusement pas bénéficié Nicolas MADURO, soulignant un vice de procédure. Ensuite, il faut noter que cet évènement intervient à un moment où les Etats-Unis perdent progressivement l’influence qu’ils avaient à travers leur monnaie, le dollar. Donald TRUMP affirme que MADURO serait à la tête d’un important réseau de trafic de drogue qui expédierait des quantités immenses de drogue aux Etats-Unis, et veut que celui-ci soit poursuivi devant une juridiction américaine. Pourtant selon plusieurs spécialistes de l’Amérique latine, il y a très peu voire quasiment pas de drogue provenant du Venezuela qui serait envoyée aux Etats-Unis. De même, il serait également très improbable que le président vénézuélien soit à la tête d’un tel réseau dans l’hypothèse que celui-ci existerait.
- Les raisons réelles
A côté des raisons dites officielles de l’enlèvement de Nicolas MADURO, il existe les raisons réelles, qui vont dans le même sens que les intérêts personnels des Etats-Unis en général et de Donald TRUMP en particulier. On peut principalement évoquer deux raisons, relatives notamment au pétrole vénézuélien et à la volonté de réaffirmer la suprématie du pays de l’oncle Sam sur toute l’étendue du territoire américain.
Pendant de très nombreuses années, le pétrole vénézuélien a été exploité par des entreprises étrangères telles que Standard Oil Company des Etats-Unis, Royal Dutch Shell, une firme anglo-néerlandaise entre autres. Mais dans les années 1970, plus précisément en 1976, le Venezuela crée Petróleos de Venezuela SA (PDVSA), qui est la principale compagnie pétrolière de l’État vénézuélien. Si avant 1970 les Etas-Unis avaient l’exclusivité sur le pétrole vénézuélien, tel n’est plus le cas aujourd’hui avec l’entrée en jeu de plusieurs partenaires stratégiques. Il s’agit notamment de la Chine avec La China National Petroleum Corporation (CNPC)[9], la Russie avec Gazprom[10]. Ces deux compagnies constituent pour les Etats-Unis une terrible menace, bien que toujours impliqués dans l’exploitation du pétrole Vénézuélien. Cette menace tire sa source du fait que les Etats-Unis aient déjà atteint leur pic de production pétrolière. Avec l’enlèvement de Nicolas MADURO, Donald TRUMP espère que les compagnies pétrolières américaines reprennent rapidement le contrôle du pétrole vénézuélien.
Il est important de rappeler qu’il existe un accord entre le Venezuela et la Chine qui consiste en un échange économique en dehors des exigences du dollar. Cette tentative de dédollarisation[11] a été vue d’un mauvais œil par Donald TRUMP qui a décidé de sévir afin d’installer à la tête du Venezuela un homme politique à la solde du capitalisme américain.
Comme autre raison réelle de l’enlèvement de Nicolas MADURO, on peut évoquer le besoin d’affirmer la domination des États-Unis sur l’entièreté du continent américain. Donald TRUMP a d’ailleurs menacé d’autres pays d’Amérique latine tel que la Colombie, si ceux-ci venaient à oublier la suprématie des Etats-Unis sur le continent. Ce rappel est une conséquence de la célèbre doctrine Monroe[12] énoncée en 1823 par le Président James MONROE. Cette doctrine avait pour slogan « l’Amérique aux américains », slogan repris dans sa substance par Donald TRUMP lors de sa campagne : « Make america great again » (MAGA). En dehors du Venezuela et de la Colombie, d’autres pays d’Amérique latine sont visés tels que le Cuba, le Groenland[13] ou encore le Panama. Son objectif est d’installer au pouvoir, dans chacun de ces pays, des alliés qui militeront tous pour ses intérêts et ceux des Etats-Unis. Cela a déjà été le cas avec Javier MILEI et José Antonio KAST, respectivement présidents de l’Argentine et du Chili.
Cependant, toutes ces violations et tentatives de violation du droit international ne se fera certainement pas sans conséquences.
- LES IMPLICATIONS DE LAVIOLATION DU DROIT INTERNATIONAL PAR DONALD TRUMP
En enlevant Nicolas MADURO, Donald a soulevé des conséquences dangereuses sur plusieurs plans dont deux essentiels : d’un côté sur le plan diplomatique (1) et de l’autre sur le plan sécuritaire (2).
- Sur le plan diplomatique
Juridiquement, la diplomatie est l’ensemble des règles, pratiques et institutions régissant les relations entre États, incarnées par ses agents (diplomates) chargés de mettre en œuvre une politique étrangère, négociant des accords au nom de leur État tout en bénéficiant de privilèges et immunités garantis par le droit international (Convention de Vienne)[14]. C’est l’art de gérer les affaires étrangères par des moyens pacifiques, protégeant les intérêts nationaux, et se distingue de la politique étrangère qui en fixe les objectifs. Le respect des règles de droit international apparait donc comme la condition sine qua non de la bonne tenue des relations diplomatiques. L’enlèvement et la poursuite de Nicolas MADURO devant les instances pénales américaines ont été considérés par une partie de la communauté internationale comme un acte arbitraire posé dans le seul intérêt d’un pays en quête de survie économique. Plusieurs raisons peuvent justifier le caractère infondé de cette poursuite mais l’une des principales est sans doute l’absence d’un mandat d’arrêt international à l’encontre du Président vénézuélien. Nul besoin de revenir sur la violation des principes tels que le principe de souveraineté ou encore de l’immunité juridictionnelle ou diplomatique. En effet, le statut de Rome exige avant toute poursuite, un mandat d’arrêt international[15] qui doit être délivré par la CPI (Cour Pénale Internationale). Cependant jusqu’ici, aucune information au sujet d’un mandat d’arrêt international délivré à l’encontre de Nicolas MADURO n’a été diffusée. Ce qui renforce donc l’idée du caractère arbitraire de cette poursuite et la suite logique à cela c’est la rupture des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et le Venezuela.
Toujours sur le plan, diplomatique, cet acte posé par les Etats-Unis pourrait entrainer le renforcement des relations entre les Etats d’Amérique latine qui se sentent menacés par Donald TRUMP, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose, au point de former une forte coalition contre les Etats-Unis. Par ailleurs, des sanctions diplomatiques pourraient et même devraient être prononcées contre les Etats-Unis, à l’image de la Russie qui fait l’objet de multiples sanctions sur les plans diplomatique, financier et économique sur la scène mondiale.
Cette crise diplomatique pourrait créer des tensions extrêmes entre les Etats-Unis et plusieurs de ses partenaires qui verraient en ces agissements du président américain une atteinte flagrante à la souveraineté internationale. Plusieurs pays ont à ce propos condamné l’opération militaire ayant conduit à l’arrestation du président vénézuélien. Pékin, Moscou et Téhéran, notamment, se sont dits choqués ou inquiets de la capture du président. Au samedi 3 janvier à 17h30 (heure de Paris), les pays ayant condamné l’exfiltration[16] de MADURO et les frappes menées contre le Venezuela concentrent 25,5 % de la population et 23,8 % du PIB mondial. Les soutiens de l’opération sont quant à eux minoritaires : 1,6 % de la population et 2,9 % du PIB mondial. Les pays ayant condamné l’attaque représentent plus d’un quart (25,5 %) de la population mondiale, et 23,8 % du PIB mondial, notamment en raison du poids de la Chine, mais aussi du Brésil et de la Russie.
Ces condamnations ont de fortes chances d’entrainer aussi de graves conséquences sur le plan sécuritaire.
- Sur le plan sécuritaire
L’enlèvement de Nicolas MADURO par le président américain sans justification légale sur le plan du droit international pourrait avoir des conséquences significatives sur le plan sécuritaire mondial. On peut parler par exemple de :
- L’instabilité régionale : cet enlèvement pourrait faire monter les tensions en Amérique latine entraînant ainsi une escalade de la violence et la naissance ou l’aggravation des conflits déjà existant dans la région[17]. Chaque Etat sera donc contraint de se défendre militairement, d’où la naissance d’un conflit militarisé.
- Le chaos humanitaire : l’Amérique latine est un continent marqué par l’extrême pauvreté, l’inflation et le chômage, poussant ainsi les populations à rechercher de meilleures conditions de vie dans les pays voisins. Si le conflit entre le Venezuela et les Etats-Unis venait à se militariser, cela conduirait à une crise migratoire massive sans précédent[18].
Par Williams ENOW
Spécialiste Expert en Droit Pénal et Sciences Criminelles – Psychosociologue
E-mail : williamsenow54@gmail.com / info@afrique54.net
[1] Julien LECOT, « Interview Attaque américaine au Venezuela : « C’est un clou planté dans le cercueil du droit international » sur liberation.fr
[2] La guerre américano-mexicaine (1846-1848) fut un conflit opposant les Etats-Unis au Mexique, déclenchée par l’annexion du Texas par les États-Unis en 1845. Dans l’espoir de prendre encore plus de territoire au Mexique, le président américain James K. Polk (1845-1849) se servit du conflit au Texas pour provoquer une guerre, précipitant les invasions américaines de la Californie, du Nouveau-Mexique et du cœur du Mexique. Après la chute de Mexico City en septembre 1847, le gouvernement mexicain céda 850 000 km2 de territoire aux États-Unis dans le cadre du traité de Guadalupe Hidalgo. Cette guerre a souvent été considérée comme une invasion illégitime, à la fois par ses contemporains et plus tard par les historiens. Cette guerre ne ferait qu’attiser les divisions entre les différentes sections des États-Unis, et conduirait à la guerre de Sécession (1861-1865). Article de Harrison K. MARK.
[3] Les « guerres bananières » désignent principalement un long conflit commercial (1993-2009) entre l’UE, les États-Unis et l’Amérique latine, centré sur les tarifs douaniers des bananes, mais le terme peut aussi évoquer les interventions militaires américaines en Amérique latine (1898-1935) pour protéger les intérêts des entreprises fruitières. Ces conflits révèlent comment le commerce de la banane a provoqué des tensions politiques et économiques, impliquant des questions de souveraineté, d’exploitation et de protectionnisme, avec des acteurs majeurs comme la United Fruit Company.
[4] L’invasion du Panama par les États-Unis, nommée Opération Just Cause, a eu lieu le 20 décembre 1989 dans le but principal de renverser le dictateur militaire panaméen, le général Manuel Noriega, et de le traduire en justice pour trafic de drogue, selon les informations officielles.
[5] Les États-Unis ont joué un rôle crucial, bien que souvent indirect et au sein d’une coalition de l’OTAN, dans le renversement de Kadhafi en 2011, en fournissant un soutien aérien décisif sous mandat de l’ONU (Résolution 1973), des renseignements et une logistique, visant à protéger les civils, mais contribuant efficacement à affaiblir le régime et à permettre aux rebelles d’avancer jusqu’à la chute de Tripoli et la mort de Kadhafi. L’implication américaine, sous l’administration Obama, a évolué d’une prudence initiale à une participation active dans les frappes aériennes, ciblant les forces pro-Kadhafi.
[6] Dictionnaire française Larousse, Académie française, 9ème édition.
[7] Contrairement à une lecture simpliste souvent avancée, l’intervention ne répond pas principalement à des considérations pétrolières. L’enjeu central est sécuritaire. Le Venezuela est devenu un narco-État, marqué par des trafics massifs, drogue, êtres humains, et par une grave crise humanitaire. Plus d’un million de Vénézuéliens ont fui le pays, provoquant une déstabilisation régionale majeure, Conflits, Revue politique.
[8] Alvin HELLERSTEIN, le juge en charge du dossier Nicolas MADURO, lui a signifié qu’il était poursuivi pour narco terrorisme, trafic de drogue et possession d’armes.
[9] La China National Petroleum Corporation (CNPC) est le plus grand groupe énergétique public de Chine, une entreprise d’État intégrée gérant l’exploration, la production, le raffinage et la vente de pétrole et de gaz, ainsi que des services pétroliers, de l’ingénierie et de la fabrication d’équipements, avec des activités mondiales et des filiales comme PetroChina. Elle joue un rôle majeur dans l’industrie énergétique mondiale, classée parmi les plus grandes entreprises mondiales, avec une forte présence en Chine et dans plus de 30 pays.
[10] Gazprom est le géant énergétique russe, leader mondial de l’extraction et de l’exportation de gaz naturel, contrôlant d’immenses réserves et le réseau de gazoducs, avec l’État russe comme actionnaire majoritaire, ce qui en fait un acteur clé de la politique énergétique russe et des relations internationales, particulièrement vis-à-vis de l’Europe, face aux défis actuels liés aux tensions géopolitiques et à la transition énergétique.
[11] La dédollarisation est le processus par lequel les pays cherchent à réduire leur dépendance au dollar américain dans le commerce, les investissements et les réserves de change, motivé par des raisons géopolitiques (sanctions, souveraineté économique) et le désir de diversifier les actifs. Bien que le dollar reste dominant, on observe une montée des alternatives comme le yuan chinois (surtout pour les matières premières) et une forte demande d’or, créant un système multidevises et un duel géopolitique où des pays comme la Chine, la Russie et les BRICS+ adoptent des stratégies bilatérales pour commercer dans leurs monnaies nationales.
[12] La doctrine Monroe, énoncée par le président américain James Monroe en 1823, est un principe de politique étrangère affirmant que le continent américain est hors de portée de la colonisation européenne et que les États-Unis ne s’ingéreront pas dans les affaires européennes, tout en considérant toute intervention européenne en Amérique comme un acte hostile. Résumée par la formule « l’Amérique aux Américains », elle a initialement protégé les jeunes nations latino-américaines, mais s’est transformée en justification de l’hégémonie américaine dans la région, oscillant entre isolationnisme et interventionnisme, et influençant la politique étrangère américaine jusqu’à nos jours.
[13] L’intérêt des États-Unis pour le Groenland repose sur sa position stratégique dans l’Arctique, cruciale pour la surveillance militaire (base de Pituffik), ses immenses ressources naturelles (terres rares, pétrole, gaz) devenues plus accessibles avec le dégel, et l’ouverture de nouvelles routes maritimes, tout cela dans un contexte de rivalité croissante avec la Russie et la Chine, motivant les tentatives historiques d’achat ou d’influence par les USA.
[14] Définition de la diplomatie proposée par la Convention de Vienne.
[15] Article 58 Statut de Rome :
Délivrance par la Chambre préliminaire d’un mandat d’arrêt ou d’une citation à comparaître
À tout moment après l’ouverture d’une enquête, la Chambre préliminaire délivre, sur requête du Procureur, un mandat d’arrêt contre une personne si, après examen de la requête et des éléments de preuve ou autres renseignements fournis par le Procureur, elle est convaincue :
a) Qu’il y a des motifs raisonnables de croire que cette personne a commis un crime relevant de la compétence de la Cour ; et
b) Que l’arrestation de cette personne apparaît nécessaire pour garantir :
i) Que la personne comparaîtra ;
ii) Qu’elle ne fera pas obstacle à l’enquête ou à la procédure devant la
Cour, ni n’en compromettra le déroulement ; ou
iii) Le cas échéant, qu’elle ne poursuivra pas l’exécution du crime dont il s’agit ou d’un crime connexe relevant de la compétence de la Cour et se produisant dans les mêmes circonstances.
La requête du Procureur contient les éléments suivants :
a) Le nom de la personne visée et tous autres éléments utiles d’identification ;
b) Une référence précise au crime relevant de la compétence de la Cour que la personne est censée avoir commis ;
c) L’exposé succinct des faits dont il est allégué qu’ils constituent ce crime ;
d) Un résumé des éléments de preuve qui donnent des motifs raisonnables de croire que la personne a commis ce crime ; et
e) Les raisons pour lesquelles le Procureur estime qu’il est nécessaire de procéder
à l’arrestation de cette personne.
Le mandat d’arrêt contient les éléments suivants :
a) Le nom de la personne visée et tous autres éléments utiles d’identification ;
b) Une référence précise au crime relevant de la compétence de la Cour qui justifie l’arrestation ; et
c) L’exposé succinct des faits dont il est allégué qu’ils constituent ce crime.
Le mandat d’arrêt reste en vigueur tant que la Cour n’en a pas décidé autrement.
Sur la base du mandat d’arrêt, la Cour peut demander l’arrestation provisoire ou l’arrestation et la remise de la personne conformément au chapitre IX.
Le Procureur peut demander à la Chambre préliminaire de modifier le mandat d’arrêt en requalifiant les crimes qui y sont visés ou en y ajoutant de nouveaux crimes. La
Chambre préliminaire modifie le mandat d’arrêt si elle a des motifs raisonnables de croire que la personne a commis les crimes requalifiés ou les nouveaux crimes.
Le Procureur peut demander à la Chambre préliminaire de délivrer une citation à comparaître au lieu d’un mandat d’arrêt. Si la Chambre préliminaire est convaincue qu’il y a des motifs raisonnables de croire que la personne a commis le crime qui lui est imputé et qu’une citation à comparaître suffit à garantir qu’elle se présentera devant la Cour, elle délivre la citation, avec ou sans conditions restrictives de liberté (autres que la détention) si la législation nationale le prévoit. La citation contient les éléments suivants :
a) Le nom de la personne visée et tous autres éléments utiles d’identification ;
b) La date de comparution ;
c) Une référence précise au crime relevant de la compétence de la Cour que la personne est censée avoir commis ; et
d) L’exposé succinct des faits dont il est allégué qu’ils constituent le crime. La citation est notifiée à la personne qu’elle vise.
[16] En dehors du Venezuela, plusieurs pays ont condamnés l’opération américaine qui s’est soldée par l’enlèvement de Nicolas MADURO. Il s’agit notamment de la Chine, du Brésil, de la Russie, de Cuba, de la Bolivie et d’un ensemble de pays d’Amérique Latine.
[17] Les tensions en Amérique latine sont multiformes, allant des conflits frontaliers historiques aux crises de sécurité dues au narcotrafic, en passant par les tensions géopolitiques liées à l’influence américaine et chinoise, et des fractures socio-économiques (inégalités, pauvreté) alimentant des luttes sociales et politiques, avec une montée des discours autoritaires et des crises étatiques (Haïti). Les dynamiques actuelles incluent la lutte contre les cartels (impliquant les États-Unis), la compétition sino-américaine pour les infrastructures et les ressources, et des instabilités internes exacerbées par des politiques économiques controversées (Argentine de Milei). Le monde diplomatique, 2016.
[18] L’importante puissance militaire américaine serait largement supérieure à celle du Venezuela, qui serait alors contraint d’appeler en renfort ses Etats alliés, ce qui pourrait entrainer un conflit militaire sans précédent sur le continent. Les populations seraient alors obligés de se déplacer massivement.



