►► Le Ministère de l’Enseignement supérieur a publié, le 5 janvier 2026, un communiqué officiel annonçant une série de mesures destinées à réorganiser et renforcer l’efficacité du système universitaire camerounais. Cette initiative intervient après une période de plus de deux ans marquée par des perturbations académiques, une baisse du rendement des étudiants et des critiques concernant la gouvernance des établissements publics.
Yaoundé, 07 janvier 2026 | Afrique54.net – Le communiqué reconnaît la nécessité urgente de relancer les performances académiques nationales. Le Ministre Jacques Fame Ndongo, souligne que plusieurs dysfonctionnements ont été observés dans les universités publiques, notamment un encadrement insuffisant des étudiants, des retards dans les soutenances, des pratiques d’évaluation irrégulières, des résultats insatisfaisants aux concours du CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) et une gouvernance administrative jugée inégale selon les établissements.
Il s’agit donc, selon le gouvernement, de remettre de l’ordre et d’harmoniser les pratiques à l’échelle nationale.
Création d’une Commission Nationale de suivi des performances
La mesure phare du communiqué est la mise en place d’une Commission Institutionnelle Nationale chargée de superviser les performances académiques dans toutes les universités publiques, d’évaluer l’efficacité des enseignements, d’harmoniser les programmes et pratiques administratives, de proposer des ajustements réguliers aux autorités ministérielles.
Cette commission se positionne comme un organe de contrôle et de coordination qui devra garantir une cohérence nationale dans la gestion universitaire.
Réactivation des commissions locales dans les universités
Le ministère ordonne également la redynamisation des commissions locales dans chaque université publique. Ces structures internes devront suivre les résultats académiques, évaluer les enseignants et les méthodologies pédagogiques, améliorer la discipline académique et renforcer la communication entre enseignants et étudiants.
Ces commissions devront également transmettre des rapports réguliers à la Commission Nationale pour assurer une surveillance continue.
Application stricte du guide d’évaluation du CAMES
Le communiqué insiste sur l’obligation d’appliquer rigoureusement le guide d’évaluation du CAMES, notamment dans l’évaluation des enseignants-chercheurs, la validation des dossiers académiques et la préparation des candidats aux concours d’agrégation.
Cette mesure vise à améliorer la compétitivité des universitaires camerounais à l’échelle africaine, car les résultats des précédentes sessions étaient jugés insuffisants.
Renforcement de l’encadrement pédagogique
Enfin, le communiqué met l’accent sur un meilleur accompagnement des étudiants, notamment au niveau des mémoires, des thèses, des projets de recherche, ainsi que des stages et des travaux pratiques.
Le ministère demande un suivi plus professionnel et structuré, afin de réduire les retards chroniques dans les soutenances et d’augmenter la qualité des productions intellectuelles.
Un objectif central : repositionner l’université camerounaise
À travers ces mesures, le gouvernement affirme vouloir améliorer la compétitivité nationale, garantir la qualité des formations, moderniser la gouvernance interne et renforcer l’impact des universités sur le développement.
Cette réforme se présente comme une première étape d’un chantier plus vaste visant à redéfinir les priorités de l’enseignement supérieur camerounais pour la décennie 2026–2035.
© Afrique54.net ׀ Karel Monefong (Stg)



