■■ L’annonce de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis a provoqué une onde de choc bien au-delà de l’Amérique latine. Pour la Corée du Nord, le nucléaire n’est pas un outil de domination, mais un bouclier contre toute tentative de renversement de régime. Cette agression américaine faite contre le Venezuela au mépris du droit international vient-elle légitimer a posteriori le programme nucléaire nord-coréen ?
Yaoundé, Afrique54.net | À des milliers de kilomètres de Caracas, la Corée du Nord est montée au créneau, adoptant un ton résolument provocateur et alarmiste, fidèle à sa rhétorique anti-américaine.
Pyongyang transforme l’événement en message idéologique
Pour le régime nord-coréen, cette arrestation — présentée comme un acte de force unilatéral de Washington — constitue une preuve supplémentaire de la vulnérabilité des États non dotés de l’arme nucléaire. Dans une déclaration largement relayée par les médias d’État, le leader nord-coréen Kim Jong Un n’a pas mâché ses mots.
Selon Pyongyang, le Venezuela aurait fait preuve de « naïveté stratégique » en ne se dotant pas d’une capacité de dissuasion nucléaire. Une faiblesse qui, aux yeux du régime, aurait ouvert la voie à ce qu’il décrit comme une ingérence directe et brutale des États-Unis.
Un appel explicite à la prolifération nucléaire
Plus inquiétant encore, la Corée du Nord ne s’est pas contentée de dénoncer Washington. Elle a appelé ouvertement l’Iran et tout autre État se revendiquant indépendant à accélérer l’acquisition de l’arme atomique, présentée comme l’unique garantie de souveraineté face aux grandes puissances.
« Sans dissuasion nucléaire, aucun pays n’est à l’abri des griffes de Washington », aurait déclaré Kim Jong Un, transformant l’épisode vénézuélien en argument central de justification de la prolifération nucléaire.
Une stratégie de légitimation du programme nord-coréen
Cette sortie médiatique s’inscrit dans une logique bien connue : légitimer a posteriori le programme nucléaire nord-coréen, régulièrement sanctionné par la communauté internationale. En instrumentalisant la situation du Venezuela, Pyongyang cherche à démontrer que sa politique de dissuasion n’est pas agressive, mais défensive.
Pour la Corée du Nord, le nucléaire n’est pas un outil de domination, mais un bouclier contre toute tentative de renversement de régime, un discours qui trouve un écho dans certains États confrontés à des pressions diplomatiques, économiques ou militaires occidentales.
Des implications internationales lourdes
Cette déclaration intervient dans un contexte mondial déjà marqué par une fragilisation des mécanismes de non-prolifération. En appelant explicitement d’autres pays à se doter de l’arme atomique, Pyongyang remet en cause les équilibres établis et alimente les craintes d’une nouvelle course aux armements, notamment au Moyen-Orient.
En réagissant à la capture annoncée de Nicolás Maduro, la Corée du Nord dépasse le simple soutien diplomatique au Venezuela. Elle livre un message stratégique global, affirmant que, dans le monde actuel, seule la dissuasion nucléaire garantirait la survie politique des États face aux grandes puissances. Une vision radicale qui, si elle devait se généraliser, pourrait profondément bouleverser l’architecture sécuritaire mondiale.
© Afrique54.net | Marcien Essimi



