►►L’audience pour l’examen des différents recours introduits auprès du Conseil Constitutionnel s’est tenue à Yaoundé le 22 octobre 2025. Les 10 affaires au rôle n’ont pas connu une issue favorable à la grande déception des candidats plaignants.
Afrique54.net » Les recours introduits au sujet de la Présidentielle du 12 octobre dernier, ont été déclarés irrecevables sur la forme par la juridiction compétente au Cameroun en matière électorale. Il n’y a pas eu examen au fond des différents recours introduits auprès du Conseil Constitutionnel par les candidats. Selon Maître Joseph Atangana Amougou, avocat d’Elections Cameroon (ELECAM), organe chargé des élections au Cameroun, tous ces recours avaient en eux les germes de leur propre rejet. La Cour Constitutionnelle s’attarde sur deux choses : la forme et le fond du dossier. L’examen du dossier commençant par la forme, le Conseil Constitutionnel a décelé des manquements graves, et par conséquent, il n’est pas allé au fond des dossiers. Le président du Conseil Constitutionnel Clément Atangana a déclaré tous ces dossiers irrecevables sur la forme.
Nature des recours introduits
Les candidats et autres personnes ayant introduit leurs recours auprès du Conseil Constitutionnel réclamaient pour certains, la suspension de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 ou l’annulation partielle ou totale de ce scrutin, son renvoi et celui des élections régionales prévues le 30 novembre 2025.
Pour d’autres, il s’agissait de l’annulation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, la mise en liberté immédiate pour violation des droits constitutionnels, la récusation de tous les membres de la Direction Générale d’Elections Cameroon et son Conseil électoral. Toutes ces plaintes étaient contre Elections Cameroon, le Ministère camerounais de l’Administration Territoriale et le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir.
Contradictions
Si Cabral Libii du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) et Joshua Osih du Social Demcratic Front (SDF) s’étaient ravisés en retirant leurs recours, le seul candidat de l’opposition présent à l’audience était, Dame Tomaino Ndam Njoya. Elle s’est vue déboutée par le Conseil Constitutionnel à sa grande déception : « Nous avons été déboutés par monsieur le Président du Conseil Constitutionnel qui a estimé que nous n’avions pas d’ éléments. Les moyens que nous avions, je pense pour ma part que le Conseil Constitutionnel n’a pas voulu que nous lui présentions les faits. C’est pour cela qu’il a rejeté notre demande sur la forme. Cela ne nous étonne pas. Nous sommes avec toutes les preuves », regrette-t-elle.
« Nous avions même pensé pouvoir faire une projection des images. De toute façon à l’UDC, c’est important de comprendre. Si vous allez aux élections antérieures, vous allez vous rendre compte que c’est un peu la donne ici. Le rejet au niveau de la forme parce que l’on a peur de rentrer dans ces moyens, dans les faits qui ma foi n’honore pas notre pays », ajoute-t-elle.
Pour Maître Joseph Atangana Amougou, avocat d’ELECAM, Tomaino Ndam Njoya, présidente de l’UDC a présenté un dossier qui ne répondait pas aux critères de la loi électorale. La forme n’a pas été respectée et par conséquent, le fond du dossier ne pouvait non plus être examiné.
« Les décisions qui en sont issues ne sont pas absolument surprenantes puisque la majeure des requêtes a été déposée par des personnes sans qualité. Nous avions en réalité trois candidats qui ont déposé des requêtes. Trois parmi les 12 et 02 de ces requérants ont désisté, l’Honorable Cabral Libii et l’Honorable Joshua Osih. Donc finalement, il n’y a que l’Honorable Tomaino Ndam Njoya qui a maintenu son recours qui malheureusement a été déclaré irrecevable parce que fait sous une forme qui viole la loi notamment, l’article 133 du code électoral selon lequel », explique Me Atangana Amougou.
A son sens, la requête de Tomaino Ndam Njoya devrait comporter non seulement les faits mais aussi des moyens sous peine d’irrecevabilité.
« Je ne dirai absolument que ce sont les preuves qui lui ont manqué même si c’est le cas, parce qu’elle n’a produit aucune preuve. Mais, ce qu’il faut retenir, c’est que son recours a été déclaré irrecevable faute de moyens conformément à l’article 133 du code électoral », conclut l’avocat d’ELECAM.
Liesse dans le parti au pouvoir
Du côté du RDPC, parti au pouvoir, les griefs portés contre lui par les candidats et autres plaignants n’ont pas prospéré. Du coup, c’est la joie dans ce camp. Maître Eyangoh, avocat du candidat Paul Biya, s’est étonné de n’avoir pas vu le candidat Issa Tchiroma Bakary saisir le Conseil Constitutionnel pour réclamer ce qu’il a appelé « sa prétendue victoire ».
« Par le passé, nous avons eu des affaires beaucoup mieux construites que ce que nous avons eu à examiner ce matin de sorte que la tâche a été facile pour tout le monde, y compris le Conseil Constitutionnel dont les décisions me semblent conformes au droit. Ensuite, je constate sans doute comme vous qu’au cours de cette audience, il y a un candidat à cette élection qui revendique la victoire, mais qui ne s’est pas présenté, qui s’est absenté à l’audience pour répondre au recours introduit par d’autres candidats qui tendaient précisément à annuler l’élection qu’il prétend avoir gagné », pointe Me Eyangoh.
C’est curieux comme attitude et c’est paradoxal. En ce qui concerne le candidat Paul Biya, ses avocats et l’ensemble de ses mandataires étaient bien présents. Cela traduit deux choses, à la fois le respect des institutions de la République et la volonté de défendre les suffrages du candidat Paul Biya dans l’attente de la proclamation des résultats de cette élection par le Conseil Constitutionnel ».
Le contentieux post-électoral vidé, tous les Camerounais n’attendent plus que la proclamation des résultats officiels de l’élection du 12 octobre 2025 pour connaître qui des 12 candidats en lice pour ce scrutin, sera leur nouveau Président. Just wait and see !
Jean Baptiste Bidima



