►►En dépit du lancement officiel de l’année scolaire 2025-2026, les écoles sont à nouveau paralysées dans les régions anglophones.
Afrique54.net »A quelques jours de l’élection présidentielle, la crise anglophone continue de peser lourdement sur le quotidien des habitants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Alors que la rentrée scolaire devait symboliser un retour à la normale, nombre d’établissements restent portes closes, à cause de la pression exercée par les groupes séparatistes armés.
Un nouveau “lockdown” imposé
Depuis début septembre, des factions séparatistes ont décrété un “lockdown”, autrement dit une paralysie de toutes les activités sociales et économiques. Les écoles figurent parmi les premières cibles de ces interdictions. Selon Reuters, plusieurs établissements n’ont pas pu rouvrir, enseignants et parents craignant des représailles contre ceux qui braveraient les consignes.
Un climat de peur pour élèves et enseignants
Depuis 2016, le système éducatif anglophone est au cœur de la contestation. Les séparatistes estiment que le gouvernement central impose un modèle francophone qui marginalise leur identité culturelle et linguistique. En conséquence, les écoles sont devenues un champ de bataille symbolique.
Des enseignants ont été menacés de mort pour avoir continué leurs cours. Plusieurs établissements ont été incendiés ces dernières années. Les familles sont contraintes de choisir entre la sécurité de leurs enfants et leur droit fondamental à l’éducation.
« Nous voulons enseigner, mais nous ne pouvons pas risquer nos vies. Chaque rentrée est une bataille », laisse entendre un enseignant basé à Bamenda.
Une crise humanitaire persistante
La fermeture des écoles touche des milliers d’élèves qui, pour beaucoup, n’ont pas eu une scolarité continue depuis près de neuf ans. L’UNICEF indique que plus de 700 000 enfants ont été affectés par les fermetures d’écoles dans les régions anglophones depuis le début du conflit.
Les conséquences sont dramatiques. On note le décrochage scolaire massif, les mariages précoces, la recrudescence du travail des enfants, la perte d’une génération en termes d’éducation et de perspectives économiques.
L’Etat impuissant ?
Le gouvernement camerounais affirme travailler à garantir la sécurité des élèves, mais les moyens restent limités face à la guérilla séparatiste. Dans le Sud-Ouest, l’attaque à la bombe contre un convoi militaire près de Malende, qui a coûté la vie à sept soldats selon l’Associated Press (AP News, 22 septembre 2025), illustre les risques que court toute tentative de sécurisation durable.
Entre éducation et survie
Alors que la campagne présidentielle s’ouvre dans un climat de tension, la question éducative illustre l’ampleur du défi. Si certains parents envoient leurs enfants dans les zones francophones ou recourent à l’enseignement à domicile, beaucoup d’autres restent sans solution.
Tant que le conflit anglophone restera enlisé, la jeunesse des régions concernées continuera de payer le prix fort, privée d’éducation et d’avenir.
© Afrique54.net ׀ Karel Monefong (Stg)



