►►A quelques semaines du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre, Joshua Osih, président du Social Democratic Front (SDF), a réaffirmé sa détermination à se présenter dans un entretien accordé à RFI le 19 septembre 2025.
Afrique54.net │ L’opposant, héritier politique de John Fru Ndi, fondateur du SDF, explique que son objectif ne se limite pas à tourner la page du long règne de Paul Biya, mais aussi à transformer en profondeur le mode de gouvernance du pays.
Mettre fin au système hypercentralisé
Pour Joshua Osih, le problème du Cameroun ne se résume pas à la longévité d’un homme au pouvoir. « Je suis dans cette course pour changer ce système hypercentralisé qui étouffe les initiatives locales et empêche le développement équilibré du pays », a-t-il déclaré.
Le candidat du SDF milite pour une véritable décentralisation. Il estime que seule une redistribution des pouvoirs permettra aux régions et aux collectivités de répondre efficacement aux besoins des populations.
Des critiques contre le pouvoir et une partie de l’opposition
S’il s’attaque au président sortant Paul Biya, Joshua Osih n’épargne pas non plus certains de ses rivaux dans l’opposition. Interrogé sur la candidature de Bello Bouba Maïgari, président de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), il a répondu sans détour : « Paul Biya et Bello Bouba, c’est bonnet blanc et bonnet blanc ».
Une manière pour lui de dénoncer la proximité supposée de certains leaders d’opposition avec le régime en place, et de se démarquer comme l’un des rares candidats porteurs d’une alternative claire.
L’héritier de John Fru Ndi sous pression
Depuis la disparition de John Fru Ndi en 2023, Joshua Osih porte la lourde responsabilité de maintenir le SDF comme force majeure de l’opposition. Mais le parti, affaibli par les divisions internes et par l’essor de nouvelles formations politiques, doit redoubler d’efforts pour convaincre un électorat volatile.
En s’appuyant sur son discours de réforme institutionnelle et de rupture avec le centralisme, Osih espère séduire aussi bien la base historique du SDF que les indécis.
Une campagne sous tension
L’élection présidentielle camerounaise s’annonce particulièrement disputée, avec plusieurs candidatures déjà annoncées, notamment celles de Cabral Libii (PCRN) et d’Issa Tchiroma Bakary, présenté par certains comme « candidat consensuel ».
Dans ce paysage fragmenté, Joshua Osih mise sur la clarté de son message et la fidélité de ses partisans : « Ma mission n’est pas seulement de changer un président, mais de changer un système ».
© Afrique54.net │Karel Monefong (Stg)



