►►Le Soudan du Sud risque de perdre sa prochaine génération en raison des réductions massives de financement de l’aide humanitaire, avec pour conséquence que plus de 2 millions d’enfants souffrant de malnutrition ne sont plus en mesure de bénéficier du traitement dont ils ont besoin, a averti vendredi Save the Children, un organisme de bienfaisance international.
JUBA– Le Soudan du Sud risque de perdre sa prochaine génération en raison des réductions massives de financement de l’aide humanitaire, avec pour conséquence que plus de 2 millions d’enfants souffrant de malnutrition ne sont plus en mesure de bénéficier du traitement dont ils ont besoin, a averti vendredi Save the Children, un organisme de bienfaisance international.
Danny Glenwright, PDG de Save the Children Canada, qui a rejoint une délégation de haut niveau lors d’une visite de six jours à Maban, dans l’Etat du Haut-Nil, et à Bor, dans l’Etat de Jonglei, a déclaré aux journalistes à Juba, la capitale du Soudan du Sud, avoir été directement témoin de l’impact des réductions d’aide à la santé, à l’éducation, à la nutrition et à la protection de l’enfant.
Il a aussi souligné l’impact de ces réductions sur l’éducation des enfants hébergés dans les camps de réfugiés à Maban, ajoutant que la fermeture des centres d’éducation pour la petite enfance de Save the Children privera ces enfants de l’éducation et des espaces adaptés aux enfants sur lesquels leurs parents s’appuyaient par le passé.
Selon le rapport de classification de phase de la sécurité alimentaire intégrée publié en juin, le fardeau global de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans est passé de 2,1 millions à 2,3 millions.
M. Glenwright a en outre averti que la situation a été aggravée par le changement climatique et la guerre en cours au Soudan voisin, qui a vu environ 1,2 million de personnes fuir vers le Soudan du Sud.
De son côté, Adrian Forster, PDG de Save the Children Switzerland, a noté que cette crise survient à un moment où 70% de la population a déjà besoin d’une assistance humanitaire.
Il a par ailleurs indiqué que le système humanitaire est surchargé en raison de l’afflux de réfugiés et de rapatriés du Soudan, avec des centaines d’arrivées quotidiennes, y compris les 2 millions de personnes déplacées en interne.
Christopher Nyamandi, directeur de la campagne de Save the Children au Soudan du Sud, a pour sa part rappelé que le Soudan du Sud dépend de l’aide au développement humanitaire depuis de nombreuses années depuis son indépendance, et que 25% de son produit intérieur brut provient de la communauté internationale.
« Cela va donc avoir un impact massif sur l’économie, ainsi que sur les conditions sociales pour les enfants dans tout le pays », a-t-il averti.



