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Natalité en France : L’Académie Nationale de Médecine analyse le recul

 

►►Dans un rapport, l’Académie Nationale de Médecine analyse le recul de la natalité et propose des pistes pour inverser la tendance.

Afrique54.net‹ En France, le nombre de naissances a continué de baisser, atteignant la barre de 663 000 en 2024, soit une diminution de 2,2% par rapport à 2023. Cette baisse s’inscrit dans une tendance de long terme, avec un nombre de naissances inférieur de 21,5% par rapport à 2010, année du dernier pic de naissances.

 

 

 

 

D’après l’Académie, le recul de la natalité en Hexagone n’a pas une cause unique. Il résulte d’un ensemble complexe de facteurs.

Report des maternités

L’âge moyen du premier enfant est passé de 24 ans en 1980 à près de 29 ans aujourd’hui. Cela peut réduire la probabilité d’avoir plusieurs enfants, surtout si le projet parental est retardé trop longtemps.

Fertilité vulnérable

Près de 15 % des couples rencontrent des difficultés à concevoir. Le recul de l’âge à la maternité accroît mécaniquement le risque d’infertilité : une grossesse sur deux échoue après 40 ans. D’autres facteurs touchant au mode de vie et à l’environnement peuvent peser sur la fertilité. Le recours à la PMA progresse, mais reste difficile d’accès et insuffisamment soutenu.

Mortalité infantile en hausse  

Si l’espérance de vie atteint 85,6 ans pour les femmes et 80,0 ans pour les hommes, cela est dû avant tout aux soins et aux politiques de santé en faveur des adultes. Ce progrès cache une autre réalité. La mortalité infantile remonte, avec 4,1 décès pour 1 000 naissances en 2024, contre 3,5 en 2011. Ces décès surviennent surtout dans les premières semaines de vie. La France, autrefois en tête des pays européens pour la santé des nouveau-nés, est aujourd’hui à la 20ᵉ place. Cette évolution traduit un déséquilibre préoccupant. La santé des enfants ne bénéficie pas des mêmes investissements que celle des adultes.

Obstacles sociaux

Le logement, l’emploi des femmes, les modes de garde peu accessibles et autres freinent les projets parentaux, en particulier chez les femmes aux revenus moyens.

Climat d’incertitude

Marquées par les crises économiques, sanitaires et environnementales, les jeunes générations questionnent davantage la parentalité, non pas par rejet, mais par prudence. L’ »éco-anxiété », sans être une cause directe du déclin des naissances, pèse sur les projets de parentalité chez les jeunes adultes.

La situation n’est pas irréversible et les Françaises souhaitent toujours en moyenne deux enfants, mais rencontrent des obstacles nombreux pour y parvenir. La génération née entre 2000 et 2010, issue d’un mini-baby-boom représenteront une cohorte nombreuse en âge de procréer d’ici 2030–2040. Si les conditions leur sont favorables (logement, emploi, accès à la parentalité, égalité femmes-hommes), la natalité pourrait rebondir. Mais cela exige de lever les freins structurels aujourd’hui identifiés.

Série d’actions

 

 

 

L’Académie Nationale de Médecine propose entre autres, de créer une prestation universelle par enfant, simple et accessible dès le premier enfant ;  développer un droit effectif à la garde d’enfants ; réformer le congé parental ;  faire de l’infertilité une priorité de santé publique ; mettre en place des indicateurs fiables et un observatoire national pour mieux suivre les tendances et agir rapidement.

Situation de la France

 

 

 

 

Comme d’autres pays développés, la France fait face à un recul préoccupant de sa natalité. Sa population continue d’augmenter lentement (+0,25 %), portée surtout par l’immigration. Le taux de fécondité est tombé à 1,59 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis la Première Guerre Mondiale. Au-delà des chiffres annuels, l’analyse de la descendance finale (nombre d’enfants à la fin de la vie reproductive) révèle une stabilité rassurante. Les femmes nées dans les années 1970 et au début des années 80 ont eu en moyenne deux enfants. Les naissances sont plus tardives, mais à ce jour, pas moins nombreuses à l’échelle d’une génération.

Malgré un solde naturel encore positif (+17 000), la baisse continue des naissances suscite cependant une inquiétude croissante, tant pour l’avenir du système social que pour l’équilibre démographique du pays. La natalité n’est pas qu’une affaire de chiffres. Elle reflète l’état de santé global d’une société, son optimisme, sa capacité à se projeter dans l’avenir.

© Afrique54.net │Lucien Embom

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