►►Selon Amnesty International, les domestiques kényanes sont victimes d’abus de toutes sortes de la part de leurs employeurs saoudiens.
Afrique54.net‹Dans sa communication du 13 mai 2025, l’ONG explique que les employeurs maintiennent ces femmes dans des maisons closes. Ils les soumettent à des formes extrêmes d’exploitation, souvent favorisées par le racisme. En Arabie Saoudite, les employées de maison continuent d’être exclues du droit du travail et des timides réformes en vigueur.
« Les Kenyanes embauchées comme employées de maison en Arabie saoudite endurent des conditions de travail éprouvantes, abusives et discriminatoires, qui s’apparentent souvent au travail forcé et à la traite des êtres humains », déplore Amnesty International dans un rapport intitulé : ‘’ Locked in, left out: the hidden lives of Kenyan domestic workers in Saudi Arabia’’. Ce rapport est bâti autour de l’expérience de plus de 70 Kenyanes ayant travaillé en Arabie Saoudite.
Confiscation des passeports et téléphones
Ces femmes ont enduré des traitements inhumains, notamment des agressions sexuelles, verbales et physiques. Leurs employeurs ont confisqué passeports et téléphones. Ils ont retenu parfois les salaires. « Bien souvent trompées par des recruteurs au Kenya au sujet de la nature de leur travail, ces femmes ont été contraintes, une fois en Arabie Saoudite, de travailler dans des conditions brutales, trimant régulièrement plus de 16 heures par jour, sans jour de congé et sans même pouvoir quitter la maison de leur employeur », fait savoir Amnesty International.
Il faut noter que le gouvernement kenyan encourage activement la migration de la main-d’œuvre, tandis que les autorités saoudiennes assurent qu’elles ont adopté des réformes en matière de droits du travail. Cependant, derrière les portes closes, les employées domestiques continuent de subir des actes de racisme, de violence et d’exploitation d’une ampleur révoltante.
Silence des autorités saoudiennes et kenyanes
Pour Irungu Houghton, Directeur d’Amnesty International Kenya, les autorités saoudiennes et kenyanes doivent écouter ces femmes, dont le travail fait vivre de nombreuses familles et contribue de façon significative au développement économique des deux pays. Les autorités saoudiennes doivent d’urgence accorder aux travailleuses domestiques une égale protection en vertu du droit du travail, mettre en place un système d’inspection efficace pour lutter contre les violations généralisées aux domiciles de particuliers et démanteler totalement le système de parrainage (kafala) qui lie les travailleurs étrangers aux employeurs, favorise l’exploitation et perpétue le racisme systémique.
Bon à savoir, les autorités saoudiennes et kenyanes refusent de répondre aux demandes de commentaires ou d’informations d’Amnesty International.
© Afrique54.net │Lucien Embom



