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Droits de douane américains : la France entre fermeté et inquiétudes sectorielles

►►Le jour suivant l’annonce par Donald Trump d’une augmentation significative des droits de douane touchant la plupart des pays, Emmanuel Macron a convoqué à l’Élysée les principaux représentants des secteurs concernés, notamment l’aéronautique, le vin, la santé, l’électronique et la cosmétique. Qualifiant cette décision de « brutale et infondée », le président français a exhorté les entreprises nationales à « suspendre » leurs investissements aux États-Unis « tant qu’on n’a pas clarifié les choses avec les États-Unis d’Amérique ».

PARIS-Le jour suivant l’annonce par Donald Trump d’une augmentation significative des droits de douane touchant la plupart des pays, Emmanuel Macron a convoqué à l’Élysée les principaux représentants des secteurs concernés, notamment l’aéronautique, le vin, la santé, l’électronique et la cosmétique. Qualifiant cette décision de « brutale et infondée », le président français a exhorté les entreprises nationales à « suspendre » leurs investissements aux États-Unis « tant qu’on n’a pas clarifié les choses avec les États-Unis d’Amérique ».

 

 

 

 

VERS UNE GUERRE COMMERCIALE ?

Critiquant l’imposition de nouveaux droits de douane de 20 % sur les produits européens, Emmanuel Macron a souligné que, bien que la France puisse être moins affectée que d’autres nations de l’UE en raison d’une moindre dépendance aux exportations vers les États-Unis, les conséquences négatives seraient néanmoins significatives. Il a appelé à une solidarité européenne et à une position collective plus forte.

Sophie Primas, porte-parole du gouvernement français, a déclaré que l’UE imposerait des droits de douane de rétorsion sur tous les biens et services américains d’ici à la fin du mois d’avril et qu’elle était prête à faire face à une guerre commerciale. Elle a précisé que la première vague de mesures, ciblant l’acier et l’aluminium américains, serait mise en œuvre vers la mi-avril, tandis qu’une deuxième série d’actions plus larges, toujours en cours de discussion, devrait être mise en œuvre d’ici la fin du mois.

 

 

 

 

A l’inverse, Le ministre des Finances, Eric Lombard, a recommandé de ne pas répondre par des mesures similaires, avertissant que « répliquer aux actions tarifaires des États-Unis pourrait nuire à l’économie européenne et impacter négativement les consommateurs ». Il a préconisé le développement de mesures alternatives visant à encourager les États-Unis à engager des négociations pour parvenir à un accord commercial équilibré.

AIRBUS PARTICULIEREMENT CONCERNE

Le secteur aéronautique français, notamment Airbus, est particulièrement concerné par ces nouvelles mesures tarifaires. L’industrie craint une augmentation des coûts sur les avions, moteurs et composants, ce qui pourrait potentiellement entraîner une hausse des tarifs aériens et perturber les programmes des compagnies aériennes. Airbus, soutenu par le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), a exhorté la Commission européenne à adopter des contre-mesures proportionnées tout en minimisant les dommages pour les entreprises européennes dépendantes des importations américaines.

Le ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, a également souligné les risques pour Airbus, notamment en ce qui concerne les livraisons en cours vers des transporteurs américains tels que United et Delta. Il a mentionné que des discussions sur d’éventuelles mesures de rétorsion de l’UE à l’encontre de Boeing étaient toujours en cours.

PLUSIEURS SECTEURS SOUS PRESSION

Les producteurs de vin français, en particulier ceux de la région de Chablis en Bourgogne, se préparent à des difficultés économiques à la suite de l’imposition d’un tarif de 20 % par les États-Unis. Le marché américain étant le plus grand débouché pour le vin français, des viticulteurs comme Vincent Dampt, qui exporte 30 % de sa production vers les États-Unis, redoutent une pression financière sévère. Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne estime que les pertes pourraient atteindre 100 millions d’euros, tandis que le Comité européen des entreprises vins (CEEV) souligne que ces tarifs entraîneront une incertitude économique, des pertes d’emplois et des retards d’investissement, aucun marché alternatif ne pouvant remplacer les États-Unis.

Le secteur pharmaceutique, deuxième poste d’exportation de la France vers les États-Unis avec 4,1 milliards d’euros en 2023, est particulièrement vulnérable. Les entreprises comme Sanofi, qui réalisent une part significative de leurs exportations vers les États-Unis, pourraient être contraintes de revoir leur stratégie.

Le secteur automobile est également en ligne de mire. Bien que Renault ait quitté le marché américain il y a plus de quarante ans, sa marque Alpine prévoit de lancer trois modèles aux États-Unis à partir de 2026. Ces véhicules, produits en Corée du Sud, pourraient être affectés par les hausses de tarifs douaniers, compromettant ainsi les ambitions de Renault sur le marché américain.

 

 

 

 

 

Enfin, le secteur du luxe, incluant les parfums et cosmétiques, pourrait se retrouver pris dans un conflit commercial plus large, les produits chimiques, parfums et cosmétiques représentant le deuxième poste d’exportation de la France vers les États-Unis.

LES AMERICAINS RISQUENT DE SUBIR L’INFLATION

Selon l’économiste Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les hausses de droits de douane décidées par Donald Trump auront des conséquences surtout indirectes pour les Européens, et particulièrement dans certains secteurs.

 

 

 

Dans un entretien accordé au quotidien La Dépêche, il juge que les secteurs les plus exposés en France sont « des secteurs très dépendants du marché américain ».  Concernant la question des prix, « ce sont les consommateurs américains qui vont subir les effets inflationnistes de ces hausses », estime M. Heyer.

 

 

By Xinhua

 

 

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