Répression en Russie : Un nouveau rapport de Human Rights Watch détaille la législation et les politiques
►► Un nouveau rapport de Human Rights Watch détaille, vague après vague, la législation et les politiques que le gouvernement de Vladimir Poutine a adoptées depuis 2020.
Afrique54.net | En matière de violation de droits humains en Russie sous Poutine, on ne sait pas par où commencer. Est-on tenté de dire.
Musèlement des âmes
Le rapport de 205 pages de Human Rights Watch dénonce les mesures prises par Moscou pour éteindre les voix dissidentes.
« Les mesures ont essentiellement le même objectif. Permettre au Kremlin de réprimer la dissidence interne, en essayant de museler et d’éliminer les groupes d’activistes », souligne Andrew Stroehlein, Directeur des Relations Médias en Europe chez Human Rights Watch.
« Le Kremlin a également imposé au public un ensemble strict d’idées sociales, historiques et politiques. Aucun narratif public alternatif, aucune question n’est autorisée », s’offusque-t-il.
Promotion de la pensée unique
Pour Stroehlein, il n’y a qu’une seule façon de discuter de la Seconde Guerre Mondiale, celle du Kremlin. Cette vision exclut toute critique de la conduite de l’Armée Soviétique, entre autres, dans sa lutte contre l’Allemagne nazie.
Il n’y a qu’une seule façon de parler de l’invasion de l’Ukraine. Celle du Kremlin. « N’appelez pas cela une guerre ou une invasion. N’appelez pas les zones occupées « occupées ». Et, bien sûr, ne mentionnez pas les atrocités commises par les forces russes en Ukraine », explique Andrew Stroehlein.
« Les discussions indépendantes sur un large éventail de questions ne peuvent tout simplement pas avoir lieu ouvertement. Vous avez la liberté de répéter la propagande et d’obéir aux autorités. Ce qui, bien sûr, n’est pas une liberté du tout », tranche le Directeur des Relations Médias.
« Nous ne parlons pas ici d’une forme de « politiquement correct » dans lequel une personne peut être socialement marginalisée ou « annulée » si elle dit quelque chose de mal. Les sanctions pénales et administratives sont devenues de plus en plus sévères et des centaines de personnes ont été emprisonnées en Russie en vertu de ces lois. De nombreux dissidents, journalistes et militants ont pris le chemin de l’exil », regrette le Directeur Stroehlein.
En Russie, le rayon de lumière ne peut venir que des défenseurs des droits humains, des militants, des avocats, des organisations indépendantes et des médias qui persistent, même en exil, à se battre pour la liberté.
© Afrique54.net | Lucien Embom



